Paris, Valentin Verne est le responsable d’un service chargé de s’occuper des affaires bizarres. Un service au personnel très restreint, de toute manière. En cette année 1834, alors que la réalité sociale menace le régime (la révolte des canuts se prépare, une insurrection parisienne pourrait la prolonger, des femmes – dont la compagne de Verne – essaient d’intéresser le gouvernement à leur sort et plus particulièrement celui des prostituées ; d’ailleurs, l’une d’entre elles est prête à dénoncer devant les députés le système horrible qui les concerne et le couple Verne a promis de l’aider à se débarrasser de son proxénète), que Vidocq chassé de la police vient de lancer ce qui sera la première agence de détectives privés, un certain Gérard de Nerval batifole avec une jeune paysanne qui par la suite disparaît. Comme il connaît la compagne de Verne, il va la voir pour lui annoncer les choses, ce qui va permettre de relancer l’affaire sur laquelle le Bureau des affaires occultes travaille. En effet, dans Paris, on vient de découvrir un mort, atrocement mutilé et tué d’une manière étrange (une aiguille lui a percé la cervelle en passant par l’oreille). De plus, un message a été laissé sur le cadavre près duquel a été abandonné un signe cabalistique. En fouillant dans les archives, Verne s’est rendu compte qu’il s’agit de la quatrième victime de l’assassin. Qu’est-ce que cela cache ? Un tueur en série ? Un complot cabalistique et alchimique ? L’adjoint de Verne a peut-être dégoté une piste mais au moment où ils s’approchent d’un potentiel suspect, la révolte éclate dans Paris. Heureusement que Gérard de Nerval va les aider en leur offrant une autre manière de résoudre l’énigme.
Nouveau volet de la série culte d’Éric Fouassier, Les Archanges de la nuit continue son mélange d’éléments policiers (un complot d’un groupe ésotérique particulièrement spécial), de recherche historique pour planter un décor crédible et qui interagit avec les actions des personnages (ici, le « mouvement féministe » naissant et George Sand, les révoltes populaires) et de la vie quotidienne des personnages centraux. Construit avec méticulosité, utilisant les ficelles du roman populaire feuilletonesque (a bon escient) avec son lot de grottes mystérieuses, de pièges tordus, de messages secrets, de diligences truquées et autres joyeusetés, le livre éclate en mille feux, aidé en cela par une écriture rapide et nerveuse, un soin apporté à l’arrière-plan historique (qui, parfois s’empare du premier plan) et des personnages hauts en couleur qui risquent leur vie à chaque page. Une série qui continue avec toujours la même réussite.