Un immeuble de luxe dans un quartier chic de Buenos Aires dans les années 1940. Pancho, un peu ivre, rentre d’une soirée où il s’est bien amusé. Lorsque l’ascenseur qu’il a appelé s’ouvre Pancho découvre le cadavre de Frida Eidinger et tombe dans les pommes. Son voisin qui rentre juste après est également médecin. Ils appellent tous deux la police, après avoir touché le corps et qu’un rouge à lèvres soit tombé dans la structure de l’ascenseur. Quand l’inspecteur Ericourt arrive sur les lieux, il est surpris par cette affaire qui apparait complexe : tour à tour, en interrogeant les habitants de l’immeuble, il ne lui semble avoir affaire qu’à des coupables potentiels. Même le mari semble vouloir cacher des choses. Des éléments pourraient remonter à la Deuxième Guerre mondiale : la défunte avait fui l’Europe en épousant un Argentin, et des photos de cette période venant d’Allemagne pourraient compliquer la donner et multiplier les doutes.
C’est avec ce roman que l’autrice argentine María Angelica Bosco entame sa carrière. Un roman inédit en France qui obtient alors le Prix Emecé en 1954. Ce texte porte l’empreinte des années 1950, voire même des années 1930 si l’on enlève une partie de l’intrigue rappelant la Deuxième Guerre mondiale. Il sonne comme une tentative d’adaptation des textes un peu datés de l’époque anglaise précédente : unité de lieu, de temps, suspects et meurtres quasiment en vase clos (l’intrigue sort peu de l’immeuble). Sans parler de la scène finale où le policier réunit tous les suspects et dévoile la vérité. La psychologie des personnages, les relations tendues entre eux, le soin apporté aux détails et aux décors permet un parallèle avec Agatha Christie et pourrait même être un de ses bons romans, même s’il manque un personnage un peu excentrique pour amener un peu de mouvement et d’air frais. Le texte est donc plus à conseiller aux amateurs du genre, aux gens intéressés par l’histoire du genre que par ceux qui cherchent à découvrir de nouveaux talents, de nouvelles façons de voir le genre.