Dans un grand magasin, Naomi prend son manteau sur un porte-manteau et s’en va. Mais, à peine dans la rue, elle fouille ses poches et découvre que ce n’est pas le sien. Elle revient sur ses pas et, coup de chance, une autre femme, Laura, est justement en train de passer un manteau identique. Elles peuvent ainsi faire écharnage. Quelques minutes plus tard, les deux femmes se revoient à un autre endroit, décident de boire un verre ensemble, puis c’est le coup de foudre et elle se retrouvent dans le même appartement. Peu à peu, les deux femmes qui se ressemblaient déjà un peu, vont se ressembler de plus en plus, au point de surprendre leurs amies et connaissances. Mais est-ce normal ? Est-ce une relation normale ? Cela cacherait-il autre chose ?
Un résumé court pour une histoire qui joue sur cette ambiguïté (même si, in fine, on aura la solution) de la façon dont peu à peu un couple peut fusionner et ses membres devenir interchangeables. Si ajoute une intrigue secondaire autour d’un écrivain qui n’écrit pas de roman mais travaille sur les mémoires et les documents laissés par des personnes pour « écrire » le roman de leur vie, et sur sa secrétaire qui tape les premiers jets à partir des éléments enregistrés par les gens qui veulent ainsi que l’on écrive leur vie. Roman étrange car les deux intrigues, qui se succèdent et se répondent sans que l’on saisisse exactement le lien entre elles, constituent la trame dans laquelle se déroule cette rencontre et cette fusion entre deux personnages, en entrant lentement dans le détail, en les analysant comme un entomologiste regarderait des insectes, sans grande passion, mais en s’appuyant sur tous les détails. Un peu comme dans un roman plus expérimental. La Copie est vraiment un texte à part, assez froid pour décontenancer le lecteur qui reste, comme le chroniqueur, assez perplexe.