Quelque part dans une forêt d’Europe centrale aux abords d’une vaste demeure hautement gardée, un chasseur chevronné anglais tient dans sa ligne de mire un dictateur. Mais alors qu’il se décide à l’abattre, un soldat vient l’en empêcher. Arrêté, puis torturé, il réussit à s’échapper. Mais ses ennemis sont à ses trousses. L’homme parvient néanmoins à traverser un pays hostile, à embarquer sur un navire et à débarquer en Angleterre. Mais ses ennemis sont toujours à ses trousses et l’homme ne peut s’en remettre à son gouvernement. Un vieil avocat sera son seul contact avant qu’il ne se décide à quitter la civilisation pour tenter de se fondre dans la campagne du Dorset. Seulement, s’il lui est facile d’échapper aux forces de l’ordre qui le recherchent pour le meurtre d’un homme dans le métro londonien, il en est autrement face au commandant Quive-Smith, un chasseur de la même trempe que lui. Quand un chasseur chasse un autre chasseur, il ne peut en résulter rien de bon.
Roman de 1939, Le Solitaire a été adapté avec quelques modifications majeures par Fritz Lang sous le titre Chasse à l’homme (l’une des modifications majeures étant que l’homme a en ligne de mire Adolf Hitler et qu’il se demande ce que ça ferait de l’abattre : son interrogation est purement philosophique ; une autre concerne la fin du roman diamétralement différente). Construit sous la forme d’une longue confession en trois parties, le récit est surtout un long discours introspectif, parsemé de rares dialogues, qui relate la solitude d’un homme qui abandonne la civilisation pour échapper à des espions-tueurs à gages qui le traquent. Cette redescente vers la nature est une jolie réussite. Les retrouvailles avec Quive-Smith, le chasseur terré dans son terrier, donnent lieu à de jolis échanges. Une réussite psychologique autour du thème du traqueur traqué.