Louis et Henri, deux jeunes hommes ambitieux, sont prêts à toutes les entourloupes pour réussir. Mais ils savent aussi qu’ils sont sur le point d’être l’objet d’une enquête de la part des autorités financières, et la meilleur solution pour eux est de couler leur entreprise pour éviter toute suite désagréable. Alors, ils organisent un week-end de cohésion avec leur équipe pour multiplier les expériences sportives. Officieusement, c’est le moyen qu’ils ont trouvé pour choisir ceux qui vont être licenciés et ceux qui deviendront les boucs émissaires de leur faillite. Mais, lors d’une descente en canoë kayak, les deux dirigeants sont pris dans un courant trop violent. L’un d’eux meurt et l’autre se retrouve paraplégique dans une clinique privée. Devant cette situation, le survivant demande à son docteur de l’aider à mourir. Ce dernier refuse de l’euthanasier mais demande à ce qu’une amie vienne voir et décide de ce qu’il faut faire. Afin d’être détesté, le dirigeant va raconter leur premier coup, la façon dont ils se sont emparés d’une entreprise familiale pour la revendre à la découpe, en détruisant la famille du propriétaire. Il espère ainsi qu’il va être tué, par dégout. Mais ce sera plus compliqué que cela.
Le roman de Guillaume Clicquot est donc l’histoire racontée par un de ses protagonistes, une histoire de capitalisme cynique (qui a dit pléonasme ?) avec ces « aventuriers » à la Bernard Tapie des années 1980. Deux retournements finaux transforment quelque peu la morale et relancent un intérêt qui s’était émoussé au fil de l’histoire, tant elle semble cousue de fil blanc et menée sagement, par une longue dissertation orale de l’un des protagonistes. Si le lecteur ne connaît pas l’univers creux de ces financiers du néant, de leurs bassesses et manœuvres frauduleuses, il pourra trouver un intérêt à ce roman, annoncé comme inspiré de faits réels, ce qui est largement possible, mais l’ensemble reste quand même un peu plat et sans grande saveur.