À Los Angeles, Johnny Hawkes, détective de la brigade criminelle, enquête sur ce qui apparaît comme un suicide : un scénariste d’Hollywood a été retrouvé mort dans un lieu clos. Mais le policier trouve cela suspect et entreprend de mener une enquête plus approfondie. Il découvre des circonstances suspectes mais alors qu’il retourne sur les lieux du crime, il est coincé dans un incendie, son partenaire meurt et il est désavoué par sa hiérarchie. En revanche, il a trouvé un lien avec un futur mariage en Écosse et décide de se rendre sur place pour voir celui qu’il considère comme principal suspect. Dans un petit village écossais, Penny Coyne, vieille dame, bibliothécaire et amatrice de thé, qui connaît tout le monde et enquête parfois sur les meurtres qui s’y déroulent. Il y a justement un « souci » avec le prêtre qui a été retrouvé mort. Alors qu’elle commence à se renseigner, elle est invitée à un mariage. Parmi les invités, elle repère un homme étrange, Johnny Hawkes, et la cérémonie ne peut se dérouler car là encore, il semble qu’un suicide malvenu interrompe la possibilité d’épousailles… Et alors que Penny et Johnny décident de joindre leurs efforts, ils sont attaqués par des policiers qui leur tirent dessus. Leur piste les les poussant à partir vers les États-Unis, ils prennent l’avion et l’enquête prendra un nouveau tournant.
Christopher Brookmyre est parti d’une idée intéressante (même si pas forcément novatrice) : offrir un roman qui s’appuie sur des figures archétypales du polar (ici, le policier américain qui fonce et la vieille dame qui sait plein de choses) pour nourrir son intrigue. Les premiers chapitres présentent donc deux enquêtes menées différemment mais dont le lecteur perçoit facilement les points communs. Puis, l’enquête évolue et l’on se demande bien comment l’auteur va s’en sortir, tant il ouvre des portes et des pistes. Mais, Chris Brookmyre est habile et il retombe bien sur ses pattes décalant l’histoire vers plus de contemporanéité, de manière assez logique (si l’on accepte les principes scientifiques derrière l’aventure). Le Miroir brisé – déjà un clin d’œil au genre de par son titre – est un bon roman, intelligent, qui sait jouer avec les stéréotypes et qui nous offre une intrigue échevelée, rebondissante et bien menée.