Le détective privé Frédéric Taquin revient tout juste d’une mission complexe en Thaïlande : il a « ramené » une jeune femme qui veut devenir danseuse et qui éclaire ses journées maussades. Pendant son absence, sa secrétaire et associée a pris en main l’agence et Taquin se retrouve un peu dépassé par les événements. Afin de s’offrir une sorte de ressourcement, il est content de rencontrer les parents d’un ancien camarade de service militaire. Les parents car le fiston, une tête brûlée qui accumule les dettes et est mythomane de première, risque d’être en délicatesse avec la loi. Il est parti se faire une santé (et se faire oublier) aux États-Unis et plus particulièrement dans les casinos du Nevada. Seul problème : il ne donne plus signe de vie. Taquin va donc se rendre sur place pour essayer de retrouver son ancienne connaissance qui semble avoir laissé peu de souvenirs (ou alors des éléments très négatifs). Mais on ne la fait pas à un vieux renard !
Un retour aux sources avec un détective privé, un peu à l’ancienne, un peu malmené par la vie et par une jeunette, et qui se trouve coincé aux États-Unis dans une enquête où chaque pas en avant est l’occasion de deux pas en arrière, où chaque piste l’entraîne dans une impasse et où il lui faudra beaucoup de sagesse et de flair pour repérer dans les derniers chapitres la solution : ça fait un choc ! Le récit d’Alain Tardits s’appuie sur ce qui fait le charme de ce genre de récit : des personnages hauts en couleurs, des rebondissements, un humour décalé et cynique. Un retour aux sources, donc, mais assumé et qui se veut aussi un hommage (réussi) aux grands titres du genre. L’ensemble tient la route avec une mention pour la personne recherchée que l’on ne voit pas mais qui est très présente, par les regards des autres et leurs descriptions. Un texte qui tient la distance et offre un détour un peu nostalgique, délassant et reposant, comme une pause au milieu des thrillers qui foisonnent.