Nous sommes au Canada, à Anton, une petite ville en perte de vitesse, et qui compte sur un espace dédié aux baleines et autres animaux marins pour attirer des touristes. Mais un jour, la petite Grace disparaît. Tom, son meilleur ami, est perdu. Le lendemain de la disparition, une autre jeune fille, Marcy, venue de l’orphelinat voisin, se présente dans le village, amnésique. La seule chose dont elle se souvient, c’est qu’elle était l’amie de Grace. En grandissant, Tom et Marcy ont vécu ensemble avant que cette dernière ne parte. Les années passent encore et Tom est devenu l’un des journalistes locaux dans une ville qui vivote toujours, surtout que le projet d’attirer les touristes avec la faune marine a échoué et qu’il ne reste qu’un animal vieillissant et mourant dont s’occupe la nouvelle petite amie de Tom. C’est alors que deux événements vont troubler cette vie somme toute paisible : d’une part, lors d’une promenade, un chien déterre et ramène un os qui va relancer l’enquête sur la disparition de Grace et, d’autre part, le retour de Marcy qui recherche sa mère, celle qui l’avait abandonnée. Ces nouveaux élément vont inquiéter à la fois Tom, sa petite amie et le chef de la police à qui on risque de reprocher de ne pas avoir suffisamment enquêté quelques années auparavant.
Sur un schéma classique – une disparation mystérieuses, des coupables potentiels, le retour de l’affaire des années plus tard qui réveille toutes les blessures non cicatrisées -, Marion Cabrol nous offre une version intéressante et intelligemment menée. Les révélations qui s’additionnent, les rebondissements qui relancent l’intrigue sont construits avec soin. Les personnages ne sont pas des silhouettes mais acquièrent une force et une présence qui contribuent à assurer le suspense (que ce soit les « gentils » parfois avec des zones d’ombre, les « méchants » eux aussi complexes ou les « neutres » qui présentent des failles). Cet ensemble fait de Ce que Marcy a oublié un livre réussi.