CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 9,20 €
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ISBN : 978-2-264-08682-2
Nombre de pages : 334
Format : 18 X 11 CM
Année de parution : 2025
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8 / 10

Dur comme fer

Cécile Baudin nous fait voyager de Sicile en Lorraine, et découvrir une région minière attisée par les haines recuites en compagnie d'un exilé italien, qui finira par en mourir. Son roman s'attarde sur un autre personnage, son fils, qui débarque en France pour en savoir plus. Un roman écrit avec beaucoup de finesse.

En cette année 1901, Nando Russo est un jeune Italien qui doit fuir son pays, après avoir reçu des menaces. Il laisse sa femme et son enfant pour se réfugier dans le Nord de la France, en Lorraine, où il va commencer à travailler dans des mines de charbon, dans des conditions rudes. Mais dans le même temps, il se méfie car il se doute bien que ses ennemis vont le poursuivre. Alors qu’il essaie de survivre et d’éviter surtout d’entrer dans les conflits et les grèves, Nando Russo est hébergé par une famille et il tombe amoureux de l’épouse de celui qui le loge. Un amour rendu par la jeune femme, ce qui complique encore les choses. Lorsque des personnes locales commencent à être assassinées et que le meurtre peut être relié à des « habitudes » de la mafia, Nando Russo risque d’être accusé. Il s’enfuit à nouveau mais trouve la mort écrasé par un train. Dix ans plus tard, son fils, devenu adulte, vient en France pour en savoir plus et il va réveiller bien des rancœurs.

Même si 10-18 a délaissé sa vénérable collection « Grands détectives », elle continue à promouvoir des romans qui mettent en scène une période historique, à travers une intrigue qui emprunte au registre policier pour créer aussi une aventure et du rythme. Avec Dur comme fer, Cécile Baudin parvient à construire un texte qui réussit à mélanger les deux éléments de façon convaincante : la partie historique, le travail sur les mines et les hauts fourneaux, sur les revendications des ouvriers et le rôle du patronat, des syndicats de jaunes, sur la violence de la police et de l’armée, sont décrits avec soin et réalisme. En parallèle, la vie quotidienne des ouvriers avec les difficultés et les petites joies, les moments de calme (fêtes, musique, repos) comme de dureté (travail pénible, soucis constants d’argent, obtention de petits « avantages ») est là aussi rendue dans sa complexité, pour obtenir un roman intelligent, sensible et bien mené, de bout en bout, prouvant la qualité d’écriture de son auteure, dans cette troisième histoire, aussi passionnante que les deux précédentes.

Publié le 23 avril 2026
Mis à jour le 23 avril 2026
Pas besoin de chercher bien loin la main du fermier. Elle est profondément enfoncée dans sa bouche béante, doigts dans la gorge. Le mort ne fait aucun doute, elle se lit dans les yeux vitreux. Pourtant, elle est récente : son pied droit ressaute encore légèrement.
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