Serge Vaxelaire se trouve avec son épouse et sa fille de huit ans à Shanghai. Il travaille mais selon son patron ne fait pas l’affaire. Il va être renvoyé en métropole ! Vexé, il décide de commettre un crime parfait. Quelques heures avant que son avion ne décolle, il tue ainsi un voisin chinois, un vieil homme, en l’étouffant avec un sac plastique et en le frappant avec un marteau, . Il laisse des indices pour faire accuser le concierge de son immeuble et cela fonctionne. Quelques années ont passé. Serge, sa femme et sa fille, à présente une belle jeune fille, vivent du côté de Beausanges, un coin de France un peu bizarre. Pour des raisons climatiques, Beausanges se trouve dans une zone très humide qui ressemble plus aux zones équatoriales qu’à la France rurale. De plus, des grenouilles énormes y ont élu domicile, profitant du climat. On passe son temps à marcher dessus ! Et ce climat fait que beaucoup de gens quittent la ville, que le commissariat semble être une grosse éponge que les autorités aimeraient fermer. Sa fille a comme meilleure amie Ashley, une jeune nymphomane – ou considérée comme telle -, qui rêve de quitter la ville (on la comprend). Elle aurait même avorté d’un notable local. Toujours est-il que, lorsqu’elle disparaît, tout le monde pense qu’elle a fui avec un amoureux. Aussi, tout le monde est choqué lorsque l’on découvre dans la forêt son cadavre (bizarrement n’ayant pas l’air d’avoir souffert de la décomposition). C’est surtout Serge qui est le plus choqué car il découvre que le meurtre présente les mêmes caractéristiques que celui qu’il avait commis sept ans plus tôt. Que passe-t-il ? Les policiers pourront-ils déchiffrer cette énigme ?
Victor Guilbert nous propose un roman policier particulier. Tout d’abord parce que le première partie évoque l’idée d’un crime parfait, même sil est quelque peu absurde, pour installer un décor chinois qui disparaîtra aussitôt. C’est juste la façon dont le crime est commis qui deviendra importante. Ensuite, le texte s’installe dans un décor très particulier : une région comme isolée, coupée du reste du monde, peuplée de grenouilles qui se mangent entre elles et semblent tomber du ciel comme une des plaies d’Égypte. Les personnages essaient de s’en sortir dans cette atmosphère glauque et gorgée d’humidité, les policiers travaillant difficilement au milieu d’un commissariat qui s’effondre de toute part. Sur cette ambiance cauchemardesque (qui ressemble un peu aux trois premiers films de Lars Von Trier pour l’ambiance), le récit est classique avec un meurtre, des suspects, des supérieurs qui mettent la pression et des interrogations sur les motivations. C’est l’ensemble du récit, entre sa part classique et son déroulé dans un décor onirique, qui emporte le lecteur. Un texte particulier, à l’humour décale mais très intéressant par son pas de côté.