Dans le parking de l’aéroport de Catane-Fontarossa, en Sicile, des passagers remarquent une voiture mal garée… et c’est un cadavre qui tient le volant ! Il s’agit d’Esteban Torres, un Américain d’origine cubaine installé en Sicile depuis le début des années 1990, mais résidant en Suisse, tué d’un coup de revolver. Lorsqu’elle est mise sur l’enquête, la commissaire Giovanna Guarrasi, dite Vanina, s’occupe de relancer la traque de Salvatore « Bazzuca » Fratta : elle était la seule à ne pas croire à sa mort qu’il a orchestrée, et de nouveaux éléments lui donnent raison. Mais elle doit retourner mener l’enquête en Sicile. Il apparaît que les affaires du défunt étaient on ne peut plus troubles, et que la police soupçonnait des liens avec la mafia. Et pourquoi, après avoir bataillé pour avoir la nationalité américaine, a-t-il épousé une locale pour prendre celle d’un Italien bon teint et s’installer en Suisse ? De plus, l’arme du meurtre est exotique : un Makarov 9 mm russe. Qui peut bien en avoir un ? L’affaire se complique lorsque l’on découvre Roberta Geraci, la maîtresse de la victime, au fond d’un puits, morte une semaine avant l’homme d’affaires…
Maintenant que série est adaptée, Cristina Cassar-Sclia semble s’éloigne du côté « polar-Netflix » de son premier roman. Tout en restant dans une formule d’enquête très classique, proche du récit de procédure policière. Avec un petit truc en plus… Un polar qui prend l’allure d’un roman d’enquête extrêmement classique à base d’interrogatoires et de découvertes successives, où s’entremêlent de nombreux personnages qu’il est parfois difficile de différencier. Une enquête menée sur un mode un rien placide, sans gros effets, ni rebondissements à tous les étages (rançon du réalisme, diront les amateurs). On ne serait pas loin d’un énième épisode de l’inoxydable série des « Meurtres à… » si l’autrice n’y mêlait pas un personnage inhabituel : la Sicile elle-même. Terre fascinante vue de façon organique, loin de ceux qui se contentent de Google Maps et de guides touristiques. Aussi, selon une vieille tradition, une bonne part est consacrée à la cuisine locale. Rien de vraiment nouveau sous le ciel sicilien du polar, mais une bonne lecture-plaisir.