Alice Lohuec a travaillé comme infirmière pour des ONG, et ellle veut à présent réussir à construire un dispensaire en Amazonie. Elle a donc besoin d’argent et est prête à accepter des missions, même improbables. Elle apprend qu’une éditrice cherche une infirmière pour aller, au fond des Vosges, s’occuper d’un écrivain tombé dans le coma, mais qui en serait sorti. Il s’agit d’aller le prendre en charge afin qu’il puisse terminer d’écrire son roman en cours, dernier espoir de la maison d’édition d’avoir rapidement un best-seller. Alors Alice Lohuec accepte le poste même si certains à-côtés lui déplaisent car l’éditrice en même temps aimerait qu’elle surveille le fils de l’écrivain qui est auprès de son père et bloque tout contact. Arrivée sur place, elle est ennuyée car elle découvre de nombreux éléments douteux : le malade ne semble pas être sorti du coma, l’ancienne infirmière a disparu mystérieusement et sa remplaçante semble pressée de vouloir quitter le chevet de l’écrivain. De plus, le fils est très désagréable et Alice aperçoit rôdant autour de la maison une petite fille qui devrait être à l’école et un nain horrible (qui se déguise aussi avec les habits de la petite fille) qui, lui rôde, traîne dans les parages. De plus, Alice est logée chez une habitante, une vieille dame qui laisse ses portes ouvertes mais ferme à clé une pièce vide dans la maison. Et quand Alice rencontre le docteur qui s’occupe de l’écrivain, elle est encore plus circonspecte car les médicaments et piqûres qu’il prodigue à son patient ne semblent pas correspondre à des soins conséquents. Et, également, que peut bien cacher la vieille chapelle située à proximité et que tout le monde lui conseille d’éviter ?
Les lecteurs qui connaissent Laurent Maillard découvriront, avec une nouvelle héroïne, des thèmes et des atmosphères familiers : ambiance gothique avec des maisons de notables isolées, forêts qui recèlent de bien sombres mystères, personnages inquiétants qui se promènent la nuit et effraient tout le monde, beaucoup de non-dits et de rumeurs qui planent et accentuent l’ambiance lourde et pesante. Face à cela, une jeune femme, qui semble faible, mais va trouver la force de s’opposer, de chercher des situations, de dénouer les mystères. Le roman, court, se développe donc, sur une trame aux limites du fantastique, de la peur et de l’horreur possible (ici symbolisé aussi par un rappel de contes de fée et de masques japonais). L’auteur nous propose ainsi un texte qui, tout en continuant dans la même veine, sait se renouveler pour nous offrir de bons moments de lecture, dans la lignée des écrits de Serge Brussolo.