James O’Hare est, comme son nom le laisse supposer, irlandais. Il a rencontré (peut-être en forçant le destin) la femme d’un banquier et est devenu son amant. Il est même tombé amoureux d’elle mais il ne peut s’empêcher de lui soutirer des informations qui devraient lui permettre de commettre un énorme braquage. Il pourrait ouvrir les coffres d’une succursale de la National Bank et voler une très grosse somme s’il parvient à connaître le nom de deux responsables qui seront de service un certain jour, enlever des membres de leur famille et les menacer de mort pour faciliter la coopération des deux cadres qui deviendraient ceux qui sortiraient l’argent de la banque pour lui. James O’Hare monte son plan mais cherche un financement. Alors, il s’adresse à Panzer , son oncle, un parrain local qui est en train d’essayer de passer la main à son fils, Finbarr, même si cela répugne à beaucoup de gens car le fils en question n’est pas très bon et surtout est pédophile. Le fiston en question est dans le collimateur de l’IRA. Principalement par un chef militaire qui, sous couvert de missions d’indépendance, veille à assurer le propre financement de ses besoins. Contre la promesse de ne pas attaquer le fils, le père accepte de divulguer le plan de James O’Hare. En parallèle, les services spéciaux et la police surveillent tout ce petit monde et comprennent qu’il se prépare quelque chose, mais quoi ? James O’Hare qui, lui, ne songe qu’à son plan, le lance. Mais parviendra-t-il à s’en sortir quand tous veulent sa peau, son argent et que sa maîtresse se pose même des questions sur son amour ?
Braquage à Belfast est un polar classique dans sa forme et son fond, solide et sérieux : il raconte en ligne générale un braquage complexe et rendu avec soin. En parallèle, Richard O’Rawe développe toutes les actions contradictoires des différents protagonistes qui veulent détourner pour eux mêmes le travail (malhonnête) effectué par d’autres. Le roman se déroule, imperturbable, jusqu’à une conclusion qui remet les pendules à l’heure de belle façon. Un roman dans la solide tradition du genre avec une mécanique bien huilée. Un agréable moment de lecture.