Djalal, le narrateur de cette histoire, a vu ses parents mourir dans un accident de voiture quand il était petit. Il a quelques souvenirs mais ceux-ci sont confus. En grandissant, en Algérie, il a suivi des études et des cours pour être pilote d’avion mais a dû se « contenter » d’assurer des liaisons de lignes de services civils. Il a rencontré une belle Russe, a appris la langue. L’a épousée. Il est à Londres pour s’occuper des vols de sa compagnie. Mais une infidélité lui a valu d’être chassé par sa belle et il s’est mis à boire ce qui l’a fait mettre de côté, en disponibilités, par sa compagnie. Revenu chez « lui », à Alger, il est surpris un matin par un événement étrange : dans son quartier, un punk a été décapité et sa tête laissée sur place. Visiblement, ce punk voulait le voir. Djalal commence à enquêter, s’aperçoit qu’il est surveillé, voire que l’on en veut aussi à sa peau. Il décide d’aller au Kazakhstan d’où venait le punk afin d’en savoir plus. Plus il avance, plus il comprend que cette histoire a un lien avec ses parents et avec un lourd secret d’État qui pourrait renverser le monde.
Djalal redécouvre alors les cinquante dernières années de son pays, des mouvements révolutionnaires, et plus il s’approche d’un secret qui remonterait à Alger en 1785, plus il s’approche de sa mort programmée.
Voilà un roman intéressant d’Adir Benazzi. Sur la trame simple d’un personnage parcourant le monde, chaque indice lui apportant une nouvelle piste ailleurs, c’est l’occasion de montrer l’histoire de ce même monde, de la guerre froide, des pays non alignés, des mouvements révolutionnaires jusqu’aux désillusions actuelles. Raconté à hauteur d’homme, avec une belle dose de naïveté, c’est un passage en revue de la période, mais vue du côté algérien pour in fine s’ouvrir sur un secret certes important, mais dont on peine à voir le véritable scandale (comme les secrets sur fond de trésor des Templiers, la survie du Christ à Rennes-le-Château…). C’est, en tout cas, raconté de manière claire, rythmée, au sein d‘aventures bien décrites, ce qui en fait une lecture plus qu’agréable et avec une fraîcheur bienvenue.