Arthur Fletch est un célèbre auteur de thriller qui vit seul sur son île écossaise. Tout le monde attend impatiemment son nouveau roman qui doit clore une série avec une enquêtrice vedette. Mais son agent et son éditeur sont inquiets car il est en retard sur le dernier manuscrit (il ne manquerait que trois chapitres) et lorsqu’ils apprennent qu’il s’est noyé, ils sont encore bien plus embêtés. Leur solution ? Prendre six auteurs de seconde zone, soit un couple un peu vieillissant et des jeunes qui n’arrivent pas à percer, et les inviter sur l’île, officiellement pour une master class avec l’auteur (dont la mort n’a pas été annoncée). Le marché est simple : chacun doit écrire une fin et celui qui gagnera récupèrera deux millions de dollars assorti d’un contrat pour trois livres à venir. Dans la demeure de Fletcher, on découvre une maquette qui montre la maison et notamment une pièce discrète, invisible, véritable bureau de l’écrivain. Si au départ, les six écrivains plus ou moins en herbe, accompagnés d’une agente de la maison d’édition et de l’éditeur, qui loge à côté, attendant les manuscrits, réfléchissent à leurs intrigues et travaillent calmement, très vite, des événements perturbent le séjour : disputes, remarques acerbes sur la nullité des uns ou des autres, coupures de courant, ombres qui se promènent dans les couloirs. Quand un des écrivains « tombe » dans l’escalier et que sa machine à écrire lui tombe sur le crane, la situation devient encore plus pénible. Ne chercherait-on pas à tuer les concurrents ? Ou est-ce Fletch qui ne serait pas mort et s’amuserait au détriment de la jeunesse ?
Une île. Des personnes qui ne se connaissent pas. Des morts mystérieuses. Le récit est canonique depuis Agatha Christie. Ici, ce sont deux autrices, qui ont pratiqué dans plusieurs genres, qui jouent au jeu de massacre. Idées cyniques sur le monde de l’édition, sur la classification des genres littéraires et les haines d’un milieu clos, le récit joue à la fois avec ce classicisme et un côté un peu parodique, humoristique. Une histoire qui finit mal intrigue et séduit plus par ce côté où les auteurs se moquent de leur propre monde que par la résolution d’une énigme qui ne s’avère être qu’un Macguffin.