CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 21,90 €
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ISBN : 978-2-7436-7166-2
Nombre de pages : 330
Format : 23 X 16 CM
Année de parution : 2026
Titre original : White River Crossing
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8 / 10

White River

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En 1776, une expédition est montée pour retrouver un filon d'or quelque part dans le Grand Nord canadien. Ian McGuire, avec un certain talent littéraire et un sens aigu des descriptions de l'époque, convoque un voyage propice à toutes les convoitises, les rancœurs et les vengeances en milieu hostile. Huis-clos à ciel ouvert, White River est un western captivant.

Hiver 1766, dans la baie d’Hudson. Un comptoir de marchands, dirigé par Magnus Norton, sert d’interface entre les productions locales entreposées là et les arrivées de marchandises anglaises. Un jour, un colporteur arrive et présente au gouverneur du fort Magnus Norton une pierre qui contient des traces d’or. Il veut un peu d’argent pour donner le lieu d’où provient la pierre. L’affaire est conclue. Norton décide alors d’envoyer son adjoint, Shaw, et deux autres employés, dont Hearn, un marin, avec quelques guides indigènes, jusqu’à l’endroit indiqué, très au nord. Les indigènes, eux, sont dirigés par le chef de la tribu, son fils adoptif qui souffre de ne pas être considéré car il est un fils adopté, et sa compagne de quatorze ans. Le voyage est long et périlleux. Les tribus que l’expédition va croiser sont parfois indifférentes, voire hostiles. Et tout au nord, le territoire où se trouverait le filon d’or appartient à des esquimaux, qui ne sont pas forcément en bons termes avec les indiens. En route, le fils adoptif doit se battre en vain pour conserver son épouse. C’est Shaw qui la « récupère » en se battant à son tour contre un autre indien, et il la « garde » une nuit pour lui, ce qui ne renforce pas les liens au sein de l’expédition. Et puis, quand on découvre l’or, les convoitises se font jour, surtout que les esquimaux voient l’un de leurs membres tomber malade le jour même où les blancs arrivent et leur shaman aura vite trouvé qui pourrait être le responsable de la maladie…

Il y a bien longtemps, au début de la « Série Noire », on pouvait trouver au milieu des romans noirs de l’espionnage ou du western (Jean-Patrick Manchette y publiera d’ailleurs un western tiré d’un scénario non adapté). Il y a une certaine logique puisque les liens entre les deux genres peuvent se comprendre : c’est le cas ici aussi avec White River de l’auteur britannique Ian McGuire. Dans un cadre historique bien documenté (les comptoirs des blancs pour le commerce), le récit développe une histoire de lutte contre des gens hostiles, une nature effrayante, des quiproquos sanglants pouvant naître des incompréhensions dues à la langue, aux cultures, aux traditions. Si on ajoute ici le rôle de l’or que les indigènes ne saisissent pas, mais qui provoque de la convoitise entre blancs, l’on se doute que l’expédition risque de tourner au drame. Et quand l’histoire semble finie, l’auteur ajoute des chapitres où de nouveau l’intrigue se relance suite à la cupidité des uns et le besoin de vengeance des autres. Récit pleinement construit par la description de cette expédition qui finira mal, s’appuyant sur des détails de la (sur)vie quotidienne dans des zones désertes ou presque, White River est un roman convaincant par son déroulé, ses pauses et ses moments de rencontre finement présentés qui créent une atmosphère, restituent visuellement un western âpre et violent, en technicolor, un récit à la Jack London, captivant de bout en bout

Mis à jour le 22 août 2026
Patterson le Colporteur est vêtu de peaux d’hiver graisseuses, son bonnet en laine sombre couvre bien ses oreilles, et sous le bord élimé, ses yeux sont plissés, rapprochés, et la peau de son visage est par endroits rouge vif et scrofuleuse.
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