Carl Bengston pourrait être un pensionnaire normal dans un hôpital psychiatrique. Mais non, car en fait il est enfermé depuis quarante ans pour avoir tué et dévoré sa compagne. Backman, la directrice de l’institution, a développé une méthode pour soigner Carl Bengston de ses obsessions et elle estime qu’il peut être remis dans la nature, sous surveillance légère. Zaida, une infirmière du même centre, est plus dubitative, car elle pense que le malade joue la comédie et qu’il risque de recommencer à tuer. Toujours est-il que Zaida est découverte morte ; avec son chien. Elle se serait suicidée. Miriam Alba est chargée d’enquêter et son patron aimerait que le dossier soit clos rapidement. Même s’il est quasiment impossible que Carl Bengston ait pu quitter l’hôpital psychiatrique et tuer l’infirmière, elle a des doutes. Et, finalement, Carl Bengston sort de prison et va être pris « en charge », à temps partiel par Bruno, un émigré venu en Suède, qui a commis des petits délits et est sous le coup d’un travail d’intérêt général. Il doit donc accompagner Bengston dans ses besoins journaliers, et une relation complexe s’établit entre eux deux. Bruno est de son côté un peu coincé car il a travaillé pour un trafiquant qui attend de lui un retour sur investissement, et ce alors qu’il doit se tenir à carreau. C’est alors qu’il apprend que les reliques que détient Bengston pourraient être revendus à des amateurs de frissons.
Dans le même temps, Miriam Alba est inquiète car une petite fille a disparu et elle jouait souvent à proximité de l’immeuble où vit dorénavant Bengston. Et lorsque la petite fille est retrouvée, mutique, elle a des traces sur son corps qui laissent penser à la policière qu’il y a un rapport avec son premier meurtre cannibale.
Voici le point de départ de cette histoire d’Alexandra-Therese Keining qui va faire alterner l’histoire autour de la policière, autour de Bruno et parfois du côté de Carl Bengston. Cette construction est rigoureuse, mais l’autrice laisse sans cesse planer le doute, ne lève pas les ambiguïtés et on assiste surtout à une suite de scènes qui conforte chacun dans ses angoisses et ses obsessions. En réaction, le récit ne décolle pas vraiment. On peut douter de la « méchanceté » de Carl Bengston, vu principalement à travers le regard des deux autres personnages, même si régulièrement des chapitres en italiques semblent montrer qu’il est un monstre depuis l’enfance. Un final permet de laisser supposer qu’il y aura une suite mais tout cela est mené de manière assez molle, un peu par routine, en ne créant pas forcément une grande tension. C’est dommage.