1976. Pour oublier un drame personnel, Tom et Alice décident de faire un tour en Colombie britannique dans leur camping-car. Sur leur route, ils rencontrent deux jeunes gens en difficulté, Blue et Ocean — la femme étant de plus enceinte —, et décident de leur venir en aide. À leur contact, Tom se sent redevenir plus jeune… Seulement ces jeunes gens sous noms d’emprunt ne sont pas ceux qu’ils croient. Ils apprennent vite qu’il s’agit de Simon et Jenny, tous deux recherchés par la police, Simon étant le premier suspect dans le meurtre des parents de Jenny… Alice et Tom se retrouvent donc pris en otage tout au long d’une mortelle randonnée sur les routes du Canada…
Inutile de résumer davantage, c’est à peu près tout. L’autrice canadienne Chevy Stevens aurait-elle voulu amortir son DVD de Kalifornia avec Brad Pitt et de Tueurs nés ? Les autostoppeurs criminels sont cependant plutôt les éléments d’un sujet des films des années 1970. Ici, l’identité des deux antagonistes est vite révélée et, à partir de là, il ne se passe pas grand-chose le long de ces cinq cents pages très répétitives consacrées surtout à la domination de Simon, méchant en carton-pâte, simple vecteur qui, tout au long de ce voyage, ne semble même pas avoir de véritable but sinon celui d’être MÉCHANT, sur deux personnages à peine plus développés que nos antagonistes (et qui ne cherchent pas à « sauver leur mariage » et semblent à peine vaguement tristes plutôt que traumatisés). Cinq cents pages de violences ou menaces de violence ont si bien marché la première fois, n’est-ce pas ? Jenny est juste transparente, se laissant balloter dans l’intrigue de façon passive avec pour seule caractéristique d’être enceinte, ce qui bien sûr l’absout de tout. Les péripéties se suivent de façon mécanique et curieusement précipitées après de longs passages où il ne se passe rien, y compris lors des flashbacks censés expliquer comment on en est arrivés là, mais qui ne servent pas à grand-chose. Selon la doxa habituelle, une fois le nombre de pages requis atteint, le personnage de Jenny, quoique complice plus ou moins active, est considérée comme une pauvre petite dont on se demande pourquoi la justice vient l’embêter, même après un twist un peu parachuté qui, sans relever de la rétention d’information, est légèrement en porte-à-faux avec le reste (mais sans que le lecteur se semble insulté pour autant) jusqu’à un coda nettement plus inventif que ce qui l’a précédé. Reste le métier, mais ça ne suffit pas toujours. Petite forme ? Le résultat a pour le moins partagé les lecteurs, même parmi les fidèles. On peut regretter que le bien meilleur (sans être un chef d’œuvre pour autant), Those Girls, de l’autrice soit son seul inédit. Parce qu’il ne comprend ni sévices ni tortures…