En 2019, en Angleterre, dans un petit coin sans histoire, une femme disparaît. C’est son mari qui prévient la police. On découvrira certaines de ses affaires au bord du lac où elle faisait son jogging. Même si son mari semble s’être violemment disputé avec elle avant qu’elle ne parte, il n’y a que peu d’indices pouvant l’incriminer. Comme on ne retrouvera pas le corps, que la victime avait commis quelques indélicatesses en puisant dans de l’argent dont elle était dépositaire, et qu’elle avait fourni cet argent à son amant (ce que le mari semblait ignorer), l’enquête piétinera malgré les remarques de sa sœur qui croit en la culpabilité dudit mari. Ses soupçons sont aussi là car il s’agit d’un ancien policier qui a écrit des romans policiers et s’est vanté de pouvoir commettre le crime parfait. En 2024, la journaliste Gabriela, qui avait couvert l’enquête première, décide de relancer les choses avec un podcast sur cette affaire irrésolue. Alors qu’elle revient sur les lieux, une découverte majeure arrive : dans la maison de la mère de l’écrivain, qui a été vendue pour que cette dernière puisse aller en maison de retraite, une pièce rarissime de l’époque romaine a été trouvée par les nouveaux propriétaires. Une équipe d’archéologues est venue et a mis au jour les restes d’un cadavre assez récent. Serait-ce la femme disparue ? De nouveau, le mari est sur la sellette. Mais est-il coupable ? Il semble a minima cacher une partie de la vérité. Entre la nouvelle enquête policière, les découvertes du médecin légiste et le podcast, la vérité éclatera-t-elle enfin ?
D’un côté, un coupable si évident qu’il ne peut être qu’innocent, de l’autre une affaire qui rebondit d’une année à l’autre, Diane Jeffrey naviguant dans le passé et le présent, mélangeant narration classique et extraits de podcast, tout concourt pour faire monter la tension. Les cent dernières pages vont plusieurs fois offrir un nouvel éclairage, faire vaciller toutes les certitudes. C’est cet aspect rebondissant, très lié à une analyse fouillée psychologiquement des personnages, de leurs mensonges, de leurs détestations, des petits arrangements avec le quotidien, qui donne un éclairage sympathique à une intrigue finalement assez classique mais intelligemment menée.