CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 7,00 €
INFORMATIONS LIVRE
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Numéro collection : 13
ISBN : 978-2-86930-018-2
Nombre de pages : 220
Format : 17 X 11 CM
Année de parution : 1958
Titre original : Fire That Destroy
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8 / 10

Des feux qui détruisent

Harry Whittington nous propose avec Des feux qui détruisent le portrait d'une anti-femme fatale saisissante. Ce roman de 1958 résonne cruellement aujourd'hui encore. Stylistiquement très épuré le roman est surtout une très forte étude psychologique et sociétale.

Bernice est une secrétaire ordinaire, mais consciencieuse et professionnelle. Seulement, Bernice a également un physique ordinaire, qui la démarque des autres secrétaires. Du moins, le croit-elle. Aussi, quand une nouvelle venue avec une poitrine éloquente obtient une promotion qu’elle convoitait, sa haine pour les hommes qui gouvernent son quotidien monte-elle d’un cran. Seulement, elle accepte de devenir la secrétaire personnelle et à demeure de Lloyd Deerman. L’homme d’affaires n’est pas seulement très riche : il est aveugle. Et tombe amoureux d’elle. Mais Bernice lui en veut à mort. Et un soir, elle le fait tomber du haut des escaliers. Nuque brisée, mort instantanée. Pourquoi avoir fait le deuil d’une situation professionnelle très convenable ? Tout simplement parce que Bernice a découvert un joli magot. Vingt-quatre mille dollars en billets de banque avec lesquels elle va pouvoir vivre une vie rêvée. Mais Bernice croise alors la route de Carlos, un homme dont elle tombe instantanément amoureuse, avec qui elle se marie avant de filer vers la Floride. Et là, pour Bernice, l’enfer commence.

Le roman de Harry Whittington est un petit bijou de suspense psychologique en même temps qu’une jolie étude de mœurs. Le portrait de Bernice est saisissant d’actualité. Il y a déjà tous les éléments de la pression sociétale masculine avec cette secrétaire qui en vient à détester les jolies femmes et les hommes qui, en raison de son supposé manque de charisme, ne la remarquent pas. Car Des feux qui détruisent est aussi et avant tout un roman d’amour. Bernice se consume de l’intérieur. Et lorsque, après avoir été meurtrière (avec selon elle de bonnes raisons), elle croise Carlos, elle n’en croit ni ses yeux, ni ses oreilles. Lui, est un vile séducteur qui n’en a que pour son argent et prétend la détrousser avant de l’abandonner. Elle, elle finit par s’en rendre compte. Mais la passion qui la dévore l’emmène sur d’autres sentiers, plus autodestructeurs. On assiste ainsi impuissants à la rapide déchéance d’une femme que l’on prend en pitié même si elle a tué la seule personne qui l’aimait véritablement. Un roman terrible dans son analyse psychologique.

Publié le 1 avril 2026
Mis à jour le 1 avril 2026
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