Lucas Page est un homme particulier qui dispose entre autres d’une mémoire phénoménale et d’un talent pour effectuer rapidement des calculs. Il faut dire que Lucas Page est un ancien astrophysicien, un ancien du FBI et qu’il est est atteint d’un syndrome Asperger. Mais parfois, il faut aussi se reposer et ce même Lucas Page a décidé d’accompagner son épouse, chirurgienne, à un gala de bienfaisance pour les médecins. Lors de la cérémonie, comme dans beaucoup de situations de ce genre, on diffuse un hommage vidéo de l’ensemble des médecins décédés durant l’année. et Page sort de l’affaire troublé car il a fait des calculs : normalement, sur une population donnée, il ne pourrait pas y avoir un tel taux de suicides. Comment cela se fait-il ? Et plus il entre dans les chiffres et les données, plus il a des doutes. La question se pose : est-ce que ce taux de suicides ne cacheraient pas plutôt des assassinats déguisés ? N’y aurait-il pas un tueur en série spécialisé dans les docteurs ? Sa femme, ne pourrait-elle pas se trouver sur la liste des futures victimes ? Lorsqu’il fait part de ses inquiétudes à des connaissances dans la police, ceux-ci fouillent un peu et, en retravaillant sur les autopsies, la vérité fait jour. Effectivement, certains des suicides se « transforment » en crimes. Les regards se portent logiquement du côté des victimes d’accidents chirurgicaux, des familles qui auraient voulu se venger. Fausse piste car les suspects les plus évidents ont des alibis. Et nouvelle analyse statistique de Page : mathématiquement, les grands alibis ne peuvent exister à ce point là. C’est alors que l’on commence à chercher qui pourrait se cacher derrière cette apparente manipulation…
Avec Tu ne tueras point, Robert Pobi nous offre une construction classique pour un roman de forme tout aussi classique. L’intrigue est montée avec soin et, peu à peu, les recherches font apparaître des possibilités, des coupables, des pistes qui se chevauchent et entretiennent le suspense. De temps en temps, un chapitre s’ouvre sur les tueurs, sur les crimes, sur les menaces qui se rapprochent des personnages principaux, pour entretenir le côté thriller qui tient ainsi en haleine, de manière efficace, le lecteur sur cinq cents pages. Sans prétendre à révolutionner le genre, le roman est une bonne variation autour d’un thème intelligemment amené et développé, ce qui est déjà très bien et constitue une bonne lecture de l’année.