CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 19,50 €
INFORMATIONS LIVRE
Édité chez
ISBN : 978-2-35720-982-4
Nombre de pages : 320
Format : 23 X 15 CM
Année de parution : 2026
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7 / 10

La Saison des pluies

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Dans un mouroir, un homme se confesse et veut expier ses nombreux péchés. Autour, d'autres personnages plus ou moins impliqués gravitent. Paul Colize, romancier aguerri, relate un pan sombre de la décolonisation belge en retraçant un crime parmi d'autres au Congo dans les années 1960. Un roman habile qui mêle intime et grande Histoire.

Claire passe la plupart de son temps entre son travail et des passages à l’hôpital où elle aide des personnes en fin de vie. Après s’être tu longtemps, un malade sur le point de décéder l’appelle et commence à lui raconter sa vie. Ancien soldat de l’armée belge devenu mercenaire au Congo, il a participé à des actions sanglantes. Sur le point de mourir, il veut se « faire pardonner ». En parallèle, des notables des services spéciaux, âgés mais encore influents, s’inquiètent car si le mercenaire les a menacé de tout révéler, est-il en capacité de le faire ? On le surveille discrètement dans son mouroir et on cherche à comprendre s’il a la possibilité de faire passer des messages discrètement à l’extérieur. En parallèle également, un homme spécialisé dans les « antiquités » douteuses apprend que le vieil homme qui doit mourir conserve discrètement chez lui des preuves de ses crimes et notamment des parties du corps d’un opposant politique à la colonisation belge, tué lors des événements qui ont ensanglanté le pays au début des années 1960. Et l’homme connaît des amateurs qui aimeraient posséder ce genre de « reliques ».

Nouveau roman de Paul Colize, La Saison des pluies revient sur une affaire qui a troublé, perturbé, empoisonné la fin de la colonisation belge au Congo : la mort de Patrice Lumumba. À travers le regard d’une simple femme qui écoute les confessions d’un homme mourant (et les dernières pages éclairent de façon inattendue cette prise de parole), c’est l’occasion pour l’auteur de raconter de nombreux épisodes de la fin de la période, par le prisme d’un homme qui a participé aux crimes commis. S’appuyant aussi sur d’autres personnages qui éclairent ainsi l’histoire et ses répercussions (y compris les plus sordides comme celles menées par l’antiquaire), le roman offre ainsi des échappatoires, d’autres angles de vue et relancent l’intrigue en proposant des pauses, les révélations du personnage central étant éprouvantes. Cela permet d’avoir un roman fort, jouant sur différents registres, dont celui de l’intime, pour raconter un pan de l’histoire belge, et par delà, de l’Occident colonialiste. Un bon roman, utile et prenant.

Publié le 9 mars 2026
Mis à jour le 16 février 2026
Le convoyeur sentit une angoisse sourde l’envahir. Il exhala un long souffle et ferma les yeux. Dans quelques minutes, son calvaire prendrait fin. Après cela, il ne verrait plus jamais ce camion, ces maudits colis et cet homme atteint de folie. Du moins, il le pensait.
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