CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 21,90 €
INFORMATIONS LIVRE
Édité chez
ISBN : 978-2-226-50860-7
Nombre de pages : 374
Format : 23 X 16 CM
Année de parution : 2026
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7 / 10

L’ADN du chaos

Auteur :

L'ADN du chaos est un roman à la croisée des genres. Tour à tour thriller politique et mélodrame domestique avec une protagoniste détective privée, le roman d'Elena Sender part d'un banal test ADN pour nous emmener dans une traque à double-tranchant efficace et captivante.

Hannah Kaufman est directrice d’une agence de détectives privés qu’elle a repris de son père, Jacques Kaufman. Avec son mari Paul, originaire des îles, les filles et les sœurs Kaufman, voilà l’image même d’une famille soudée. Or il suffira d’un grain de sable pour bouleverser cette belle ordonnance : l’idée du frère Édouard Kaufman, prototype du start-uppeur, d’ouvrir une branche d’une boîte américaine de tests ADN, MyStory. Pour l’anniversaire d’Hannah, il leur offre à tous un test gratuit… Première erreur : il s’avère qu’Hannah n’a de correspondance génétique qu’avec ses sœurs… Comme si elle avait un autre père que Jacques ! Impossible de demander à sa mère, morte depuis longtemps. Via sa tante, la privée retrouve la trace d’un père issu d’une rencontre passagère, un certain Mansard. Or celui-ci est devenu le Commandant, vieillard soutien d’une organisation d’extrême-droite au candidat médiatique dans laquelle il a entraîné son fils Aurélien dit Marc-Aurèle. Ceux-ci s’intéressent de près à ces tests ADN : en les piratant, il y a de quoi pouvoir déterminer qui a un sang « pur » en attendant la solution finale. Et pour ces obsédés de la race et de la génétique, avoir une demi-sœur juive, ça fait désordre. Au tour d’Aurélien de traquer et tenter d’intimider cette présence gênante. Sauf qu’il aura besoin d’elle d’une façon inattendue…

Il est difficile de classer ce livre, mais il ne faut pas s’attendre à un thriller industriel plein de bruit et de fureur. Le tout développe plutôt une petite musique loin des gros effets et des meurtres en série, servie par un style simple mais d’une efficacité redoutable. Le plus étonnant pour ce roman d’Elena Sender qui brasse plusieurs style c’est bien son étonnante cohésion. Jamais l’un des aspects ne semble prendre le pas sur l’autre, même si le drame familial a une importante plus importante sans être disproportionnée — peut-être tout simplement parce que l’on croit à cette famille tout comme on croit à des nervis d’une idéologie de haine, souvent transmise par une recherche du père. Aspect tarte-à-la-crème qui est ici traité avec tact et modération. Telle une Karine Giébel, l’auteure termine par une note d’espoir montrant (sans déflorer) une possibilité de rédemption jusqu’à une chute glaçante.

Publié le 4 mars 2026
Mis à jour le 4 mars 2026
L’ironie de la situation me frappe. Nous devons nous effacer pour survivre, pendant que nos agresseurs circulent en liberté.
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