Le narrateur du livre enquête sur différentes maisons, onze pour être exact, dont la construction présente soit des erreurs, soit des plans complexes et qui ne peuvent qu’embêter les gens qui y habitent. Mais pourquoi ont-elles été construites comme cela ? Parfois, dans ces maisons, des crimes ont été commis : la maison avait-elle été élaborée pour permettre ces crimes ? Ou à l’inverse est-ce la construction fautive qui a entraîné la folie des habitants ? Aidé par des dessins et des plans, le narrateur va enquêter sur ces différentes maisons au fil des chapitres. En sortira une suite d’éléments qui se répètent d’une maison à l’autre, de manière obsessionnelle. Tout cela va permettre de reprendre l’ensemble des éléments pour ébaucher une autre solution à l’ensemble des faits constitués, avant de proposer une troisième solution alternative, mais tout aussi crédible.
Après deux autres romans qui possédaient une trame similaire – des éléments, des affaires séparées, avec des dessins explicatifs, qui permettaient de créer un Japon gothique, sombre, violent, peuplé de choses étranges -, Uketsu continue d’explorer son genre particulier, qui est une sorte de jeu de l’esprit qui s’appuie sur des énigmes qu’il convient de déchiffrer, sur des renvois entre différents cas qui pourraient se recouper. Ce jeu de l’esprit est précis, méticuleux, construit avec soin et quasiment de manière obsessionnelle pour présenter une sorte d’univers alternatif, assez dans l’esprit japonais, avec des monstres potentiels, des fantômes, des restes de la littérature gothique, un peu comme une version gore des romans de Murakami. Uketsu nous offre ici des textes intéressants et fortifiants pour l’esprit. Surtout, il nous propose des livres qui font appel à l’imaginaire et au casse-tête. Une réussite dans le genre.