Rachel Hoffman est une jeune recrue de la police de Syracuse dans l’État de New York en cette année 1975. C’est alors qu’est appelée sur une scène de crime. La victime a été étouffée et le coupable a laissé un mot tiré de Dante dans sa main. Cette première affaire va conditionner toute la vie de Rachel Hoffman. En effet, elle parvient à convaincre ses supérieurs d’aider le policier Ridgway dans son enquête. Elle obtient également l’aide d’un journaliste, Carl, dont elle deviendra l’amie pour continuer certains aspects de cette enquête. Et cela va « payer » car elle va parvenir à repérer d’autres crimes commis dans les mêmes circonstances et à commencer à établir le profil d’un tueur en série. L’enquête devrait pourtant s’arrêter car le tueur va se suicider après avoir fait du policier sa dernière victime, toujours en laissant un autre extrait des œuvres de Dante. En 1980, Hoffman a progressé et commence sa carrière dans une grande ville. Elle est même sélectionnée pour participer à une formation avec le FBI sur les tueurs en série. C’est là, que l’enquête, qu’elle croyait terminée, se renouvelle, comme si un imitateur, particulièrement au courant des détails, relançait des crimes en laissant des messages inspirés de Dante. Que se passe-t-il ? Est-ce vraiment un imitateur ou bien y aurait-il quelque chose d’encore plus complexe derrière toute cette affaire ? Des années plus tard, l’affaire prendra encore un autre tournant.
Roger Jon Ellory est un écrivain qui sait monter une histoire. Ici, il s’inspire d’un tueur en série particulièrement retors (nous n’en dirons pas plus). Surtout, il centre son intrigue autour de la policière qui, plus elle avance, plus elle se trouve empêtrée dans des complications avec ses chefs, son ancien amoureux, et des coupables qui semblent si évidents que l’on se pose la question de savoir ce que cela pourrait cacher. La dernière partie, encore plus crépusculaire, semble même faire virer l’histoire à une catastrophe annoncée. Tout le talent de page-turner de l’auteur, les descriptions, les rappels à de « vrais » tueurs en série et à leurs manipulations relancent l’attention tout au long d’un fort volume éminemment maîtrisé et intelligent. Roger Jon Ellory signe là un de ses très bons romans.