Khadija Dahan, jeune femme battue par son mari a décidé de porter plainte. Elle vient donc au commissariat de Nanterre (appelé SDPJ 92 de Nanterre). Mais, débordée, peut-être à bout de nerfs, l’équipe composée de la capitaine de police Pauline Ferraz, du brigadier-chef Victor Perrin et de la gardienne de la paix Nour Faria va lui apporter une réponse décevante. De plus, les policiers sont en train de se battre contre une énième réforme qui risque encore plus de les instrumentaliser pour servir le pouvoir. Quelques jours plus tard, les membres du commissariat sont envoyés sur un lieu de meurtre. Et la victime n’est autre que Khadija Dahan. Son mari a disparu des radars. Il faut le retrouver. Mais alors que l’enquête commence, des bruits remontent sur leur inaction passée et la pression se fait surtout qu’une des policières, syndicaliste, a un peu trop ouvert sa bouche sur la réforme. En haut lieu, on veut lui faire payer.
À partir de ce point de départ simple (et malheureusement trop fréquent), le récit de Marc Fernandez va raconter l’enquête en question, mais surtout la façon dont les policiers vont réagir : si certains tentent de continuer leur travail, d’autres tombent en dépression et la vie bascule pour eux. Cops don’t cry va donc se dérouler autour de ce fait divers, horrible mais en même temps si banal, et va développer la manière dont chacun réagit, s’appuyant sur une description réaliste des policiers concernés et leur façon de voir. Écrit par Marc Fernandez, un journaliste qui a travaillé sur ces questions, le récit est détaillé, précis, évoquant la psychologie des personnages, leurs évolutions en même temps qu’il décrit une enquête pour essayer de bien faire. Tout se répond avec soin et offre, malgré une conclusion un peu pessimiste, un récit dur mais sensible, où l’on touche du doigt les difficultés d’un métier (y compris avec une ouverture bien rendue sur la difficulté de maintenir l’ordre dans les manifestations) pour une vision, sans concession mais empathique d’une réalité que beaucoup de policiers doivent connaître.