Jason Redmond a fait la guerre comme chirurgien et en a profité pour recueillir Micah, un jeune orphelin, un peu stressé car s’il a perdu ses parents, il est surtout séparé de sa mère dont on ne connaît pas le sort. Son angoisse pourrait s’étendre car il n’est plus sur place pour la rechercher. En effet, Redmond était le fils unique d’un Anglais qui avait quitté sa famille d’origine pour chercher fortune aux États-Unis. Or, les derniers membres de cette famille sont morts et il vient d’hériter d’un manoir et d’un titre à Birch Hill. Sur place, un certain Daniel Haze, policier londonien qui, suite à l’accident mortel dont a été victime sa fille, s’est replié avec sa femme pour essayer de panser leurs plaies et de repartir d’un bon pied. Mais son épouse déprime et tous les efforts de Daniel pour la remettre sur pied sont un peu vains. Et voilà qu’un cadavre est retrouvé dans la crypte de l’église. Un inconnu qui plus est. Daniel se gratte la tête et Jason, qui passait justement à ce moment-là, lui propose quelques pistes car il a été chirurgien et médecin légiste. Les deux hommes décident alors de s’associer pour tenter de découvrir la vérité. Tout d’abord savoir qui est ce mort, ce qui permettra peut-être de trouver un mobile. Entre-temps, Jason est invité par la riche famille locale (un mariage entre l’argent et son titre pourrait être vu d’un bon œil). Mais, il se pose des questions car il semble bien que le mort était justement passé dans la riche demeure. Pourquoi ? Et quand la chambre du mort est fouillée par un mystérieux cambrioleur, qu’est-ce que cela peut cacher ?
Situé dans une petite paroisse anglaise très victorienne, le roman d’Irina Shapiro se déroule comme un texte victorien : poids de la prêtrise, des conventions, des rapports de classe complexes, des liaisons ancillaires et des filles de bonne famille qui s’apparentent plus à un cheptel qu’à une véritable émancipation féminine. Le roman se déroule sans accroc, sans téléphone ni ADN, mais avec les moyens de l’époque. Même s’il n’y a rien de bien neuf sous le soleil, tout cela fleure bon le pastiche et l’hommage, et se laisse lire sans déplaisir, avec ce qu’il faut de sous-intrigues, à l’instar de la vie personnelle des deux enquêteurs, pour entretenir le plaisir de lecture.