Jae-Young est une jeune femme coréenne qui croit vivre le parfait amour, mais son compagnon est de plus en plus violent et l’enferme quasiment chez elle, la coupant de tout et de tous. Un jour, elle réagit et son compagnon est blessé accidentellement, peut-être même mort. Effrayée, elle décide de fuir. Dans le train qui l’emmène dans un autre coin du pays, elle fait la rencontre d’une jeune femme avec un bébé. Cette dernière lui explique que son compagnon vient de mourir, qu’il avait quitté sa riche famille et complètement coupé les ponts. Désespérée, elle va se rendre dans cette famille qui ne la connaît pas et qu’elle ne connaît pas, afin de s’y installer. Jae-Young part aux toilettes et lorsqu’elle revient, il n’y a plus que le bébé qui crie, la mère s’est évaporé et tous les passagers du train ont l’air de penser que c’est elle la mère. Elle se dit que c’est l’occasion à la fois de disparaître des radars et de vivre de manière facile en prenant sa place.
Arrivée dans la maison, elle découvre un vieux patriarche, prêt à l’accepter après un test de paternité, un beau-frère prêt à tomber amoureux d’elle et une domesticité aux petits soins. Mais cela ne cache-t-il pas quelque chose ? Et quand la nouvelle infirmière du vieil homme arrive, quelle n’est pas la surprise de Jae-Young de retrouver la mère du train…
La Belle-fille est un roman très classique dans ce genre particulier du thriller psychologique. Ici on a une unité de lieu ou presque (après un passage par le train, le récit se déroule presque entièrement en huis-clos dans la maison). L’intrigue monte le suspense de manière lente, à la façon des nouvelles victoriennes des siècles passés, avant dans les dernières chapitres de démonter toute l’intrigue pour expliquer ce qui s’est vraiment passé. La mécanique est bien huilée et la construction sérieuse, ce qui fait que le roman se laisse lire, sans le transformer en une lecture indispensable. Se-Ah Jang a écrit un honnête thriller psychologique.