Juliette est l’heureuse mère de quatre enfants. Mais être mère se révèle être un travail à plein temps. Or Juliette a besoin de temps pour finir d’écrire le dernier roman de sa trilogie médiévale. Et pour l’instant, tout ça patauge. Aussi, quand son amie part bronzer à l’étranger avec son mari et qu’elle lui propose d’occuper pendant leur séjour la Bastide où elle vit en Provence, une bastide calme, avec juste le chat de la maison à nourrir et, éventuellement, le droit d’aller manger des pizzas chez le restaurateur local, un beau jeune homme, Juliette est plus que tentée. Arrivée sur place, non seulement le pizzaiolo est mignon, mais il n’a pas l’air insensible à son charme (même si cela perturbe sa serveuse, elle même attirée par la beauté de son patron), et il pourrait devenir un personnage relançant le suspense dans le roman qu’elle essaie de finit. Mais il faut quand même faire attention à la voisine, un peu envahissante et à l’affût de tous les ragots possibles, et aussi au propriétaire du château voisin, un homme assez colérique et qui arpente les lieux avec son appareil à détecter les métaux car le bruit court que l’ancien châtelain aurait enterré un trésor sur la propriété. Quand Watson, le chien de Juliette, déterre non pas un magot mais un gros os dans le jardin, que la gendarmerie vient voir et qu’elle découvre les deux cents autres os qui constituent un corps humain, Juliette s’inquiète mais la vision du gendarme en chef lui inspire un nouveau personnage. Les choses se gâtent quand « attirée » par le cadavre, la grand-mère de Juliette s’invite dans la maison, tandis que des menaces écrites et des pneus crevés à sa voiture incitent Juliette à vouloir en savoir plus sur le mort.
Le récit s’inscrit bien entendu dans la veine du cosy crime, genre de retour à la mode et qui, pour les plus anciens de nos lecteurs a été initié par Ngaio Marsh et prolongé joliment par Charles Exbrayat. Ici, le récit se déploie sur trois axes : l’enquête autour de ce mort, les relations drôles de Juliette avec les autres protagonistes, et l’impact que cela a sur l’écriture de son roman (avec des extraits de celui-ci)
Le tout se mélange avec harmonie, virevolte de manière primesautière, à coups de scènes drôles, de quiproquos, de rebondissements, qui relancent l’intrigue, entre deux bouffées de chaleur de l’héroïne qui regarde ses « amoureux ». L’ensemble est agréable, léger, à l’image de la couverture et sans autres prétentions que de faire passer un moment agréable où chacun pourra reconnaître des travers et des défauts des gens qu’il côtoie. Au total quelques heures de détente, avec un alibi policier pour renforcer l’histoire. De quoi se changer les idées avant de retrouver des romans policiers plus sombres avec des flics psychopathes coincés dans des villes sordides entre deux divorces et un tueur en série qui découpe ses proies.