Le château en question est celui qu’Aura et Nick ont acheté à Mozène, dans le Sud-Ouest de la France. Ils ont fui l’Angleterre pour des raisons troubles : en fait, Nick, professeur, est soupçonné d’une liaison avec Ella, une de ses élèves qui le poursuivait de ses assiduités. Liaison qui s’est achevée par un baiser alcoolisé, et radio-corbeau semble avoir fait le reste. Ils espèrent transformer le château en Bed & Breakfast, mais il y a quand même des travaux à faire. Ils peuvent cependant compter sur l’aide des autres expatriés et sur leur ami Jack. Mais leurs mœurs très libres les surprennent, et leur assistant domestique semble péter un câble, balançant de la musique au beau milieu de la nuit. Tout ceci documenté par une équipe de téléréalité chargée de filmer leur redécoration. Puis, lors d’une fête, un mort, indiscutablement assassiné. Qui est-il ? Que s’est-il passé ?
Au moins, avec ce texte, on n’est pas devant un livre. Plutôt devant une série télévisée où chaque action se doit d’être étirée jusqu’à la rupture : ici, selon la doxa actuelle, le passage d’un personnage à l’autre permet surtout de raconter la même chose plusieurs fois. Le tout avec un style factuel verbe/sujet/complément comme si on prenait les lecteurs pour des jambons (n’accusons pas la traduction, qui une fois de plus, aurait plutôt amélioré les choses). Pire, pas un seul des personnages n’est sympathique. Les protagonistes se conduisent plutôt comme des archétypes de film d’horreur de série Z agissant de façon aberrante : Aura et Nick ne pouvaient pas déterminer l’étendue des travaux avant d’acheter le château ? Si leur assistant électronique a des ratés, ne peuvent-ils pas juste débrancher cet engin de malheur ? Etc. La narratrice est de ses personnages actuels qui semble ne même pas connaître son mari tant elle désapprouve tout ce qu’il fait. S’y ajoute une pointe de moralisme déplaisant (des adultes consentants ont des relations échangistes ? Shocking !) Lorsque l’intrigue proprement dite daigne commencer, on est balancé dans un flashback façon soap-opera passant arbitrairement de la première à la troisième personne ou un baiser volé (pas par le mari — on pense au film Un moment d’égarement, sauf que dans celui-ci ou du moins son remake récent, il y avait clairement viol suivi de harcèlement sexuel, mais pas dans le sens politiquement correct) ouvre les portes de l’enfer. Le pire, c’est que Catherine Cooper semble soudain se souvenir qu’elle est censée écrire un suspense, lequel est bien absent, et balance DEUX révélations tellement capillotractées que le lecteur risque de ramasser sa mâchoire par terre tant on le prend pour un abruti. Un roman somme toute affligeant.