Toulouse, 2016. Le commandant Pépé Negri est chargé d’enquêter sur la mort d’un vieil homme. Ce dernier a été enterré vivant et dans ses mains on a laissé un dessin d’Henri Michaux. Mais la victime, personne âgée, était surtout un ancien policier. Une deuxième victime est alors retrouvée et il s’avère qu’il s’agit également d’un ancien policier. Très vite, Pépé Negri parvient à faire le lien avec les activités passées de ces deux flics qui avaient été des figures de proue dans des actions des années 1950 que la France préfère oublier : il s’agissait d’arrêter des Espagnols qui avaient fui le franquisme après l’avoir combattu et que le régime franquiste réclamait. Parmi eux, il y avait même des résistants. Certains avaient pu s’échapper, aidés par d’autres résistants et un groupe qui gravitait autour d’Hemingway. Une réfugiée et résistante des pays de l’Est avait cependant été rattrapée et enterrée vivante. Aidé par les dessins originaux du poète, laissés avec les corps, le commandant Pépé Negri pourra remonter jusqu’aux coupables.
Avec ce récit plus que court, Serge Nicolo nous propose de nous confronter à une affaire contemporaine tout en remontant, par épisodes intercalés, aux années 1950 en compagnie d’Ernest Hemingway. Le récit est plus la reconstitution à travers l’enquête, légère, de ce qui s’est passé dans ces années 1950, du choix de la politique française de relancer l’amitié avec Franco (« les oranges ne sont pas politiques »), de passer l’éponge, voire même de lui donner des gages de bonne foi, peu Républicains et peu conformes aux droits de l’homme. C’est donc cet aspect historique qui peut intéresser, un aspect qui raconte un épisode passé et peu glorieux de l’histoire, mélangeant les éléments réels et d’autres fictionnels (on ne peut garantir la présence de l’écrivain américain par exemple dans le coin). Le tout nous offre un roman court, qui n’atteint pas la densité d’autres récits du même genre (on pense bien sur à Didier Daeninckx), mais qui a le mérite de rappeler un pan d’histoire.