CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 7,00 F
INFORMATIONS LIVRE
Collection :
Numéro collection : 254
Nombre de pages : 254
Format : 18 X 11 CM
Année de parution : 1938
Titre original : Tragedy at Twelwetrees
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8 / 10

Le Cri de la chouette

Un crime dans une riche propriété de l'arrière-pays anglais se révèle être une vraie énigme pour l'inspecteur de Scotland Yard Luckraft. L'auteur australien Arthur J. Rees propose une énigme classique avec une résolution qui ne l'est pas et qui va à rebours de ce que l'époque proposait. Un bon roman d'énigme qui surprend.

Alors qu’il traverse de nuit le terrain de la propriété de Twelvetrees, quittant son club de golf pour retrouver son lit, Vincent Bayliss ne se doute pas du drame qui se joue dans la maison d’Ursula Markham. Cette dernière est plus ou moins à la même heure assassinée après une courte lutte avec son amant d’un coup de feu, une balle 455. Vincent Bayliss est l’avoué d’Ursula Markham. Cette dernière souhaitait placer toute sa fortune dans une entreprise de cinéma (aidée en cela par un millionnaire d’origine orientale qui lui avait trouvé une salle de projection). Elle avait fait construire un studio pour y tourner des films anglais dignes de ce nom. Mais Ursula était aussi folle amoureuse de Wilfred Eldon, fils d’un riche banquier qui ne voyait pas cette union d’un très bon œil. Wilfred Eldon qui nie avoir été présent sur les lieux du crime à l’heure du crime. Twelvetrees devient bientôt un commissariat bis avec les présences de l’inspecteur Austin et du sergent Drinkwater, tous deux de la police locale, de Xavier Roche, homme à la tête du Département de recherches criminelles de la Préfecture de police française, de passage, et de l’inspecteur principal Luckraft, de Scotland Yard. Et tous ces hommes de loi de se pencher sur un secrétaire Louis XIV à la recherche d’un tiroir secret dans lequel sont cachés les bijoux de la victime représentant quelques 30.000 livres. Le criminel, après son acte, a saccagé les lieux à la recherche de quelque chose. Mais il ne semble pas l’avoir trouvé (bijoux, documents ?). Pour Luckraft, l’affaire est capitale. En attendant d’y voir plus clair, il fait emprisonner le jeune Eldon et mène une enquête scrupuleuse et taiseuse à laquelle il intéresse l’avoué.

Jaquette du "Masque" n° 254

Le Cri de la chouette est un bon roman d’énigme et de procédure (l’intrigue mêle les enquêtes de la police, du juge, de l’avoué et de techniciens de la police scientifique) écrit par un auteur qui a un petit talent littéraire : il sait à la fois structurer une histoire et la raconter par le biais d’un narrateur, Vincent Bayliss. Et là, le lecteur vif et alerte se demande si l’auteur australien Arthur J. Rees, quand il écrit ce roman en 1931, quatrième volet de la série policière « Inspecteur Lukraft », ne va pas suivre les pas d’Agatha Christie et de son Meurtre de Roger Ackroyd. Car le narrateur est un coupable tout trouvé (il est avoué de la victime donc il entretient son portefeuille et l’on est en droit de se demander s’il est honnête, surtout que lui aussi était amoureux de la victime et qu’il se trouvait dans les parages). Mais l’argument du roman tient au fait que le jeune Wilfred Eldon jure n’avoir pas assassiné sa maîtresse même devant des faits implacables. Ce qui amène une question primordiale : pourquoi la scène de crime a-t-elle été par la suite saccagée ? Luckraft va pouvoir emprunter d’autres pistes pour aller au bout de l’exploration de ce drame. À ce sujet, la résolution de l’énigme est un modèle du genre, le titre français du roman prenant tout son sens. Mais avant d’arriver à cette fin, Arthur J. Rees nous a présenté toute une galerie de personnages qu’il prend le temps de décrire (le vieux maître d’hôtel, une dame de compagnie, un garde forestier, un millionnaire oriental…) et qui tous ont une incidence sur les événements. Une jolie gageure avec une tonalité parfois cynique, parfois non, comme si l’auteur se jouait également des canons de l’époque.

Mis à jour le 28 juillet 2026
Mais c’était surtout la personnalité de Merrington qui m’attirait. Brusque et d’allure assurée, il donnait l’impression d’un homme qui avait tenu toute sa vie un emploi officiel. Je savais qu’il était l’un des administrateurs de Scotland-Yard. Sa haute stature, sa force athlétique et sa réputation de ne jamais oublier un visage, l’avaient rendu légendaire. Depuis quelque temps il se reposait un peu sur sa réputation mais il était encore la terreur de Londres.
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