CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 19,00 €
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ISBN : 978-2-492973-46-8
Nombre de pages : 268
Format : 21 X 14 CM
Année de parution : 2026
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6 / 10

Le Tocard

Patrick Barbuscia ressort le privé marseillais pour l'accommoder à sa sauce : ici la disparition d'un agent de footballeur. L'auteur revisite les codes d'un genre avec succès et nous offre une intrigue qui, une fois n'est pas coutume chez les privés, fonce à cent à l'heure.

Détective privé marseillais en mal de travail (y en a-t-il d’autres ?), Rocco Siciliano voit débarquer une gironde cliente du nom de Lilou Miletti. Son travail : retrouver une personne disparue, le ci-devant Septime Ricard, agent sportif de son état. C’est-à-dire chargé de s’occuper des vedettes du sport, ici du dieu football. Seul indice : les visites d’un inconnu peu de temps avant sa disparition. Or la société de Ricard était en liquidation judiciaire, lui qui avait commis une série de mauvais choix qui lui avaient valu cette épithète de « tocard ». Pourtant, il venait de découvrir une future vedette du ballon rond en la présence d’Abdou Onharu, un jeune Nigérien. Sauf que celui-ci a plongé dans l’intervalle dans la drogue et a fini par se pendre sans que son agent ne lève le petit doigt. Mais Siciliano va découvrir que l’introuvable agent avait bien des raisons de vouloir disparaître sans laisser de traces. Surtout lorsque les cadavres commencent à pleuvoir…

Le récit à base de détective privé, s’il n’est plus ce qu’il était, a toujours des sursauts, notamment aux États-Unis où il y a toujours toute une petite industrie, avec parfois d’excellents résultats (Ed Gorman, par exemple), mais pas mal de séries toutes semblables basées sur le « c’était mieux avant. Ce roman de Patrick Barbuscia ne cherche pas à révolutionner le genre et se veut presque un exercice du style : première personne, langue dure-à-cuire, enquête en marabout-d’ficelle dûment embrouillée — mais avec une résolution logique — tout y est, mené à un rythme d’enfer, ce qui n’est pas toujours le cas, avec une certaine gouaille assez marseillaise en effet sans tomber dans la mode passée du « polar marseillais » avé l’assent pour faire rire les Parisiens (et qui commençait à nous escagasser sévère). Donc, pour peu qu’on apprécie ce style et ce genre désuet, on peut s’y aventurer sans crainte.

Mis à jour le 31 octobre 2026
Qu’il est étrange de surprendre un assassin prodiguer des paroles tendres et des gestes affectueux à des bêtes alors qu’il n’a aucun scrupule à torturer et supprimer ses semblables. Vous me rétorquerez qu’en son temps, un ancien caporal promu Führer n’hésitait pas, entre deux cajoleries prodiguées à ses chiens, à ordonner la mort de millions de personnes.
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