Février 2020. Alors que des rumeurs commencent à circuler sur un virus mortel qui se répandrait depuis la Chine, la psychologue médico-légale Nash Elizondo profite de ses jours de congé pour vérifier avec des amis des pistes liées à ses activités « historico-archéologiques ». En Navarre, dans la région où elle vit, il existe des gouffres dans la montagne, des trous dans lesquels les habitants auraient, des siècles plus tôt, jeté les sorcières et parfois leurs familles. Des bruits courent qu’un gouffre en particulier pourrait avoir servi durant ces persécutions, voire aurait été réutilisé pendant la guerre civile espagnole. En allant fouiller ce lieu, Nash Elizondo tombe effectivement sur un cadavre. Mais il s’agit de celui d’une jeune fille qui a disparu trois années auparavant. L’enquête débute, mais elle va s’avérer complexe car une personne a déjà été condamnée pour cette disparition qui était sans doute un meurtre. De plus, le COVID et le confinement qui va s’en suivre empêchent les investigations de progresser.
Deuxième volet de ce qui est prévu comme une tétralogie, Celles qui ne dorment pas renoue avec les thème de prédilection de Dolores Redondo : son ancrage dans une région particulière, le focus mis sur une enquêtrice un peu décalée, qui va rencontrer et approfondir ses relations avec une policière qui a fait l’objet d’une autre suite, et son rapport avec l’histoire, y compris ancienne de la région en question. Tous les éléments se mettent en place et se répondent avec soin, l’enquête servant aussi de lien aux différentes actions et descriptions. L’aspect COVID permet de donner une tonalité particulière, s’intégrant bien à l’intrigue. De forme classique, le roman continue la route tracée par le précédent et offre un récit intéressant, sensible, dans la bonne moyenne du genre, en présentant une alternative intéressante aux polars nordiques, pour une auteure qui déploie une œuvre noire de qualité.