Charleroi, Belgique. Une ville comme une autre avec son lot de dealers dirigés par un homme entreprenant, d’origine étrangère. Mais sous couvert de l’aider à asseoir sa suprématie, un groupe local de Hell’s angels entend le renverser et prendre son territoire et sa succession. Une affaire classique de guerre des gangs, sauf qu’en plus, le chef du groupe a une autre idée derrière la tête : il sent bien qu’il vieillit et que la police va finir par mettre le nez dans ses affaires (surtout si les cadavres dus à la guerre potentielle s’accumulent) ; il a donc prévu un plan de secours qui consiste à se barrer discrètement avec l’argent du gang. En parallèle, Carla Michetti, jeune policière à la fois ambitieuse et consciencieuse, risque de se rapprocher dangereusement de ce brave chef de bikers. Si près qu’il en est tombé amoureux et qu’il réfléchit à l’emmener avec lui. Mais Carla Michetti, elle, elle veut coincer ce groupe de Hell’s angels et elle risque de découvrir des choses difficiles à expliquer. Aussi peut-être que la flinguer résoudrait bien des problèmes.
Dérives-sur-Sambre est un roman assez particulier car Armand Gabriel semble connaître de l’intérieur le milieu qu’il décrit, ou du moins a accumulé de la documentation sur le sujet. Toujours est-il que derrière la lutte entre la jeune femme policière et le chef de la bande de motards, il pose des éléments précis, il développe de manière intéressante la trajectoire des deux personnages centraux, en montrant leurs actions et leurs réflexions. Il s’appuie sur des descriptions de la ville, des milieux criminels de manière un peu plus large pour rendre sensible toute l’atmosphère particulière d’une ville confrontée à des violences criminelles, mais aussi sociales, pour présenter de manière réaliste et vivante la situation de cités qui n’aspirent pourtant qu’à vivre tranquillement. C’est ce côté naturaliste, cette vie qui palpite derrière les actions de deux personnages, dessinés avec soin, qui attire l’œil du lecteur et rend ce livre attachant.