David Lund, programmeur informatique, reçoit un jour un mail d’une certaine Paulina Mentzer qui lui écrit avoir connu sa mère et détenir des informations sur son enfance au Småland. Une enfance que David n’a pas connu, ou plutôt qu’il a oublié, puisque ses douze premières années d’existence ont été effacées de sa mémoire. Or, de son côté, Paulina regrette ce mail car elle sait qu’il la met en danger… Ce en quoi elle a raison, puisque sa colocataire Isobel Bruckner constate bientôt sa disparition. Paulina est la fille d’Urban Jacobsson qui contacte l’avocate Florence Tapper, nouvelle compagne de David. Jacobsson qui trempe lui-même dans des affaires peu catholiques. Mais même un petit nervi de bas étage reçoit l’ordre de surveiller Lund. Or celui-ci découvre de la plus brutale des façons qu’il est le suspect numéro un de la police dans la disparition de Paulina. Il faut croire que celle-ci dérange des hommes devenus influents, et qui se rencontraient au chalet d’Ellen Lund, la mère de David, au Småland. Des hommes qui n’ont aucun intérêt à ce que la vérité soit découverte…
D’un alumni de l’entreprise Camilla Låckberg (car à ce stade, comme pour James Patterson, on peut parler d’entreprise), ce nouveau roman coche toutes les cases tout en prenant plus d’une idée d’un certain Stieg Larsson… Maintenant, il faut reconnaître que le tout n’est certes pas mauvais, mais bien fabriqué… L’amnésique est un thème classique du polar, toujours intéressant s’il est bien amené. Le récit commence à intéresser, puis l’on déchante un peu : d’abord, les personnages nombreux semblent venir surtout de la nécessité de noircir de la page, même s’ils sont plutôt bien présentés, à défaut d’avoir une personnalité (on n’est pas dans ces romans où les personnages entrent et sortent de l’intrigue comme dans une pièce de boulevard où les portes claquent…). De plus, conformément à la mode actuelle, toute la narration est mise sur le même plan sans mettre en épingle les principaux rebondissements dans un espace indéfini dépourvu de descriptions, si bien que lesdits personnages donnent l’impression de faire du sur-place, comme dans une série télévisée où l’on meuble pour arriver à l’heure syndicale sans que l’on ait eu l’impression d’avancer. Le mystère sur le passé du personnage est éventé par les éternels flashbacks sur son enfance, et l’introduction d’un complot de puissants montre que, définitivement, Henrik Fexeus a lu Stieg Larssonn… Bref, on est plus dans un produit qu’un roman, qui pourra peut-être plaire aux accros du genre version nordique. Le tout finira sans doute adapté en mini-série Netflix. C’est formaté pour…