Roger est un entrepreneur du bâtiment qui travaille à son compte. Il fait son boulot du mieux qu’il peut mais il a un peu abusé sur l’alcool et doit à présent surveiller sa consommation. Mais un soir, alors qu’il a un peu trop bu et qu’il rentre sous un temps de cochon, il renverse et écrase un cycliste. Devant le « problème », il jette le vélo dans la Mastigouche et cache le cadavre dans une caisse en attendant de savoir quoi faire. Cependant, durant la nuit, le fleuve et ses affluents débordent emportant la caisse. Le voilà donc à chercher où le cadavre a-t-il pu se fourrer. Et quand quelqu’un l’appelle en le menaçant de le faire chanter car il a retrouvé ladite caisse, tout se complique encore plus. Heureusement, il y a peut-être une solution : une vieille dame peut l’aider si en échange il met le feu à la maison de ses voisins, car ceux-ci sont ennuyeux et font du bruit. Dans le même temps, un policier est chargé de retrouver le cycliste et a mis cette disparition en relation avec la mort d’un autre homme qui lui était lié. Et ce policier rôde autour de la vieille dame et de Roger…
Les romans à la fois drôles et réussis, dans le monde du polar, sont assez rares pour être signalés et chouchoutés. Après La Sainte paix, qui mettait déjà en scène cette vieille dame indigne, André Marois confirme combien on peut jouer avec les nerfs du lecteur, tout en le faisant rire. Et tout ça autour d’une intrigue classique : comment se débarrasser d’un cadavre encombrant, quand petit à petit, tout, y compris les éléments déchaînés, se met en route pour vous contrarier et empêcher le monde d’enterrer tranquillement ceux que l’on a tués ! En tout cas, l’humour est là et l’auteur écrit un texte assez court (200 pages) qui permet de conserver à la fois un sens du rythme, une intrigue noire et une bonne dose d’humour, le tout finissant de manière amorale et réjouissante, ce qui nous change sans aucun doute de l’actualité.