CHRONIQUES

livres • bandes dessinées • comics
Prix : 23,00 €
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ISBN : 979-10-440-4427-3
Nombre de pages : 256
Format : 24 X 16 CM
Année de parution : 2026
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7 / 10

Coco TKT : le chemin du guerrier

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De son vrai nom Julien Cocoa, Coco TKT relate son parcours semé d'embûches depuis Aubervilliers. S'il dresse un autoportrait sans fard, ne se cherchant pas d'excuses, s'il semble multiplier les signes de rédemption, il constate également les travers de notre société et dépeint un monde carcéral qui fait froid dans le dos. Un récit brut et enlevé.

Nos lecteurs, plus mélomanes, plus cinéphiles ou plus jeunes, connaissent peut-être Coco TKT qui, ces dernières années, s’est fait un nom à la fois comme chanteur de rap et comme acteur. Mais comment en est-il arrivé là ? Et avec quel parcours ? Voici donc, en guise de réponse, un texte autobiographique de Julien Cocoa, le véritable nom de Coco TKT. Né à Aubervilliers, puis ayant vécu son adolescence à Villiers-le-Bel, il s’agit d’un descendant d’Ivoiriens, qui va essayer de trouver sa voie en France. Mais ses débuts sont difficiles. Lors échauffourées dans son quartier, il est arrêté par la BAC car il a été reconnu par des témoins comme ayant participé aux dits mouvements. S’il clame son innocence arguant de sa présence sur un chantier en compagnie de son père au moment des faits, on ne prête finalement qu’aux pauvres et il se retrouve en maison d’arrêt. Même si son innocence est reconnue au bout de huit jours, ce passage par la case prison va l’entraîner dans une autre activité. Ses « camarades » de quartier le voient comme un dur et il va participer à différents petits délits, dont des bagarres avec la police qui vont le rendre « connu des forces de police ». Suite à une agression, il sera même envoyé à Fleury. Du coup, pour passer entre les gouttes, il accepte de partir en Côte d’Ivoire et de préparer là bas un diplôme d’électronicien. Mais le fait d’être seul, ou presque, le pousse dans la mauvaise direction : il boit un peu trop, essaye de fumer des drogues, rencontre une certaine Véronique qui l’initie. Il devient un petit caïd qui se livre à différents délits donc une arnaque qui tourne mal car il s’est attaqué à d’autres truands qui vont l’enlever et le libérer contre rançon. Mais c’est surtout à cause d’un coup d’État qu’il va rentrer. En France, il va finalement prolonger cette spirale et multiplier les petits délits qui finalement l’entraîneront en prison. Entre allers-retours entre la vie dehors et les geôles françaises, Julien Cocoa va forger son identité, souvent en délicatesse avec l’ordre, y compris pénitentiaire. Il ouvrira une échappatoire dans la musique mais restera marqué ( c’est-à-dire désigné) et passera des séjours assez difficiles dans différents lieux pénitentiaires français. Il découvrira l’amour, aura des enfants, sortira pour replonger, découvrira la cavale avant d’essayer de ne pas replonger.

Autobiographie sensible, les mémoires ne jouent cependant pas avec le misérabilisme même si Julien Cocoa évoque les difficultés de la vie de fils d’émigrés. S’il développe les problèmes qui peuvent exister quand on vit dans des quartiers « sensibles » et que le regard des autres, qu’ils soient proches ou lointains d’ailleurs, influent aussi sur la façon de grandir, l’auteur raconte, sans fards, avec une distance parfois tendre parfois amusée, parfois colérique, tout ce qui l’a constitué pour devenir ce qu’il est. La vie dans une banlieue rude, les petites magouilles, les délits plus conséquents (dont la description un peu branguignolesque d’un hold-up), la tentation que cela peut provoquer, sont bien décrits dans une première partie. Les tentatives de s’en sortir, notamment par la musique, sont montrées rapidement mais de manière intéressante (et avec des apartés intelligents et clairs). Mais l’essentiel du propos tourne aussi dans une évocation sombre et sans concession de l’institution pénitentiaire qui semble être un État dans l’État, posséder ses propres règles qui ne s’accordent pas toujours avec l’état de droit et de justice. C’est cet aspect qui fait le plus froid dans le dos, avec son mélange de mauvais coups, de brimades sans raisons et de mauvaise foi assumée. Une autobiographie où l’auteur ne semble pas se donner le beau rôle et assume , lui, totalement, sa vie avec ses parts d’ombre et de lumière, avec une rage conservée et salutaire. Un texte brut, une parole claire et précise.

Mis à jour le 13 août 2026
Mon image dans le miroir, chaque matin, me donne la réponse : je suis un survivant, un homme qui a beaucoup enduré, qui sait ce que souffrir veut dire et qui souhaite mettre cette connaissance à profit en soutenant celles et ceux qui sont dans la peine.
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