Alors que Iselin, la fille de l’inspecteur Blix, se trouve chez une autre policière, cette dernière se fait abattre par un mystérieux tueur qui pourchasse alors Iselin, sans parvenir à la tuer. Bien entendu, la police enquête. Et l’inspecteur Blix ne peut s’empêcher, malgré sa proximité avec l’affaire, de vouloir interférer. La morte a été sa collègue et personne ne sait si Iselin était une victime secondaire ou si elle était la première visée. Il faut donc reprendre toutes les affaires que suivait la policière pour essayer de comprendre qui se cache derrière l’acte criminel. Mais alors que la disparition de dossiers et de l’ordinateur de la policière laisse penser que c’était bien elle la personne visée, Iselin est enlevée à la sortie de sa rencontre avec le psychiatre chargé de son suivi. Serait-ce parce qu’elle aurait pu voir le coupable ? En tout cas, la police se met en ordre de bataille pour essayer de comprendre et de la retrouver. Une course contre la montre débute, et elle va être terrible pour l’inspecteur Blix, qui va se retrouver de l’autre côté de la table d’interrogatoire après avoir abattu le ravisseur de sa fille sous l’œil de la journaliste Emma Ramm.
Troisième aventure mettant en scène le duo d’enquêteurs (un inspecteur, une journaliste) Blix-Ramm, La Disgrâce est construit avec soin. Le récit débute avec l’arrestation de Blix qui a abattu l’homme qui a enlevé sa fille, puis se prolonge l’interrogatoire du policier (ce qui va lui permettre de comprendre la vérité sur ce qui s’est passé) par la « police des polices » incarné par Brogeland. Jørn Lier Horst et Thomas Enger nous permettent très vite de reconstruire chronologiquement l’enquête depuis son point de départ. Le suspense, même désamorcé par ce début, va se trouver renforcé car les auteurs n’ont quand même pas tout dit et parce que leur métier leur permet d’introduire une bonne dose d’adrénaline et d’angoisse dans leur histoire. Les dernières pages qui révèlent un large pan de la vérité retournent une partie des certitudes du lecteur. On ne sait comment pourrait se poursuivre cette série (peut-être juste une trilogie) vue l’hécatombe des acteurs principaux de l’histoire mais, en attendant, ce roman se révèle aussi addictif que les précédents.