Nina Klein, dix-huit ans, sort d’une terrible dépression de deux ans durant laquelle elle pouvait à peine s’extraire de sa chambre, mais durant laquelle la jeune femme a au moins pu compter sur le soutien de ses parents, Rose et Daniel.Mais alors qu’elle trouve même un modeste emploi en attendant de pouvoir reprendre ses études, c’est le drame : de retour d’une nuit de garde, Rose, infirmière, est retrouvée morte… Lorsqu’il apparaît que Daniel avait une liaison, la police ne cherche pas plus loin et conclut à un suicide. Verdict que Nina refuse d’accepter : sa mère était tout sauf suicidaire. Et pourquoi n’a-t-on pas écouté le témoignage de Jojo, un poivrot qui a vu Rose alors qu’il cuvait dans sa camionnette ? Prête à tout pour découvrir la vérité, Nina ira jusqu’à suivre des études d’avocate…
L’étiquette de « suspense domestique » signifie souvent des pages et des pages consacrées à la vie courante des protagonistes histoire justement de remplir de la page… Une facilité à laquelle échappe Naëlle Charles : son roman est mi-polar (plus que suspense), mi-saga, puisqu’on développe la vie de sa protagoniste durant ses années de recherches. On est plutôt dans le cas de figure du héros s’acharnant à découvrir la vérité alors que tout se ligue contre lui ou elle. Cette fois, on a au moins droit à un véritable personnage qui n’est pas limité à deux caractéristiques sur post-it en salle de développement et qui rend crédible son acharnement en échappant à l’autre cliché visant à en faire une figure forcément héroïque. On croit donc à cette histoire, d’autant que le style assez simple de l’autrice est en fait d’une précision chirurgicale, donnant les informations nécessaires de façon claire et limpide. Du coup, quiconque arguerait que si la police avait fait son travail dès le départ, il n’y aurait pas d’histoire se trompe de roman. La conclusion policière est ici particulièrement satisfaisante suivie d’une révélation finale… non pas « parce qu’il en faut une », loin des thrillers-Netflix tirant leur twist d’un chapeau, mais logique et précédée d’un coda d’une ironie cruelle.