Kevin Charon travaille depuis quelques années à l’Institut Médico-Légal de Paris. Là, son statut a évolué car il a été victime d’une grave maladie qui l’handicape et donc il a choisi de postler à un autre poste, moins gratifiant, mais qui lui permet de rester. Son remplaçant sur son poste précédent l’exaspère un peu mais il sait faire contre mauvaise fortune bon cœur. Mais un matin en arrivant au travail, il découvre son remplaçant mort et installé dans un cercueil de l’institut. Tout accuse Kevin Charon, même s’il clame son innocence et il va même passer quelques jours par la case prison. Tout devient encore plus compliqué lorsqu’un deuxième meurtre survient, toujours à l’IML et alors qu’il a été remis en liberté. D’autant qu’il avait également des mobiles potentiels à cette deuxième disparition.
Le nouveau roman de Frasse Mikardsson a une intrigue qui part d’un autre point et qui revient ensuite sur les morts des deux techniciens de l’Institut Médico-Légal de Paris. À l’intérieur du roman, également, il y a un long retour en arrière sur la canicule de 2003 et ses conséquences pour l’institut, conséquences dont certaines pourraient expliquer les actes mortels de 2024. Toujours est-il qu’avec ce roman Frasse Mikardsson continue sa description entre humour noir et fonctionnement réaliste d’une institution décrite avec soin. Cependant, dans ce nouveau, l’intrigue se disperse un peu trop et empêche la lecture sereine d’un roman noir classique. Des pistes sont esquissées (on s‘attend à des informations sur l’affaire Cantat, par exemple, mais tout ça disparaît), d’autres sont bien décrites, mais n’apportent pas forcément le suspense espéré. Le lecteur a le sentiment que cela manque un peu d’unité et de direction, comme si le livre partait d’une bonne idée, avant de filer un peu en roue libre. Si l’on accepte ce parti pris de promenade aléatoire, on peut savourer une scène ou une autre (les discussions de Kevin Charon avec son avocate, des descriptions saisissantes de l’horreur de la canicule de 2003), sinon on risque d’être un peu déçu par ce nouveau volet autour de l’institut médico-légal de la Capitale.