Abigail Boone est policière, « détective ». Alors qu’elle enquêtait sur une disparition, elle est tombée, un peu par hasard, sur des individus qui l’ont séquestrée et ont commencé à la maltraiter. Elle a pu s’enfuir, en emmenant avec elle une autre victime, mais rattrapée elle a été poussée, est violemment tombée et a perdu toute mémoire. Quelques semaines ont passé. Abigail Boone a repris sa vie, mais elle doit faire face à de nombreux soucis : son mari et son fils ont du mal car elle ne les reconnaît pas et est encore plus obnubilée par son travail qu’avant. Elle a pris contact avec un truand qu’elle a arrêté mais dont elle a sauvé l’enfant, et ce dernier va l’aider à mettre la main sur ses agresseurs et retrouver la jeune femme qu’elle cherchait, sans doute tombée aux mains de proxénètes violents. Une enquête qui va la mettre en danger, effrayer sa famille, mais elle ne peut s’en empêcher au risque de tout perdre.
Dominic Nolan nous avait habitué avec ses précédents romans – Vine Street et White City -, tous deux publiés chez Rivages, a du travail de qualité. Ce livre qui, chronologiquement, est antérieur se présente sous une forme un peu plus classique avec la trajectoire d’une policière qui, devenue amnésique, doit reconstruire sa vie, son travail et redevenir ce qu’elle était. Mais est-ce possible ? C’est là que le côté classique disparaît, car l’auteur nous montre un personnage bien dessiné, une femme forte et résiliente, mais très têtue et capable de briser sa propre vie pour aboutir à transformer ses obsessions en une réussite. Ses relations à la fois avec sa famille et son nouvel « ami » truand, ainsi qu’avec sa fille, sont décrites avec soin et ont une densité impressionnante. Dominic Nolan parvient aussi à rendre l’atmosphère oppressante de l’enquête, des « dérives » psychologiques de son héroïne, de son obsession, avec une force littéraire intelligente. Il semble qu’il y aura une suite et si elle de la même qualité, ce sera de nouveau un grand plaisir de lecture.