Norma (il n’apprendra son prénom que bien plus tard) vient consulter Hercule Poirot au sujet d’un meurtre « qu’il se pourrait qu’elle ait commis. Mais avant d’en dire plus au détective belge, elle prend la fuite non sans s’écrier qu’il est trop vieux. Hercule Poirot est du genre à se froisser facilement. Il va se lancer dans une enquête et s’adjoindre (parfois malgré lui) l’aide de son amie, l’auteure de romans policiers Ariadne Oliver. Norma est la troisième fille. À savoir qu’elle est la troisième locataire d’un appartement. Surtout, elle est la fille d’un couple qui s’est séparé. Son père est parti vivre en Afrique du Sud avec sa maîtresse alors qu’elle n’avait que cinq ans. Sa mère l’a élevée avec beaucoup d’acrimonie. Et puis sa mère est morte, son père est revenu assurer la succession d’un empire industriel. Très vite, Poirot pressent qu’un danger rôde autour de Norma sans savoir si elle est la cible ou la criminelle. Le père de Norma est revenu avec une nouvelle épouse. Mais cette belle-mère, qui porte une perruque, a été victime d’une tentative d’empoisonnement. Est-là le crime dont s’est accusée Norma ? Poirot, cherche un crime, un vrai. Et les pistes, trop nombreuses, n’en révèlent pas. Pourtant, il en est sûr : la vérité est là, devant lui.
Agatha Christie nous offre un whodunit classique avec son détective fétiche qui semble un peux vieilli dans l’Angleterre des années 1960. L’intrigue traîne un peu en longueur. Il n’en reste pas moins que la romancière se montre très active dans la description de l’évolution de la société anglaise. Il y a définitivement un avant et un après la guerre (l’indépendance des femmes, qui vivent seules ou en colocation, qui travaillent, qui s’émancipent). La drogue est cependant la plaque tournante de son intrigue. Tout gravite autour d’elle. Il sera question de trafic (classique) mais également de suggestion par l’emprise de la drogue (notamment le LSD). Bien entendu, Agatha Christie a préparé sa scène finale avec les explications du détective (aidé en cela par un psychiatre et un inspecteur), qui permet de replonger dans ce qui a fait le charme des aventures d’Hercule Poirot, mais ce dernier semble à tous propos bien fatigué.