Suite à une adolescence en vrac, et pour couronner le tout, l’adultère de sa mère, Charles Fabiano-Derzakarian dit Fab a pris le premier bateau et s’est fait marin. Aujourd’hui, il travaille sur le Pascal Paoli, une de ces villes flottantes faisant le trajet Marseille-Corse. Mais Fab cherchait aussi à s’éloigner de sa liaison avortée avec son amie d’enfance, la belle Angelica… Ils sont restés amis, Fab a pris de la bouteille et Angelica un fils, Charlie. Et c’est Fab qu’elle appelle en cas d’urgence, comme cette fusillade en bas de chez elle… Fusillade qui a coûté la vie à Redouane, un jeune voisin. Puis l’appartement d’Angelica est ravagé en son absence par des inconnus qui, de toute évidence, cherchaient quelque chose qu’ils n’ont pas trouvé. Et si c’était ce portable que Charlie dit avoir trouvé dans la rue juste après la fusillade liée à un trafic quelconque ? Une seule solution : le rendre à son légitime propriétaire. À condition de le retrouver… Les choses se compliquent quand, faisant un extra comme serveur pour un pince-fesses mondain, Fab tombe sur la belle Svetlana. Une Ukrainienne désormais à tu et à toi avec la bonne société marseillaise. Or quelque mois plus tôt, elle faisait partie de la cargaison de réfugiés fuyant la guerre, tous sans ressources. En cherchant à découvrir ce qui lui est arrivé, Fab va mettre la main dans une affaire qui le dépasse…
« On dirait un Poulpe ! », disons-nous. Qu’est-ce qui fait ces critères ? Un polar qui ne prétend pas révolutionner le genre ou faire passer un profond message, facile à lire (ce qui ne veut surtout pas dire « mal écrit » !) au ton relativement décontracté, basé plus sur les personnages que sur une intrigue taillée au cordeau bourrée de rebondissements (en fait, on a ici droit à deux intrigues qui se croisent à peine), menée par un enquêteur sans autre véritable mobile que ses principes et son sens moral. Si ledit roman est en poche princeps, c’est encore mieux (il s’agit cependant ici d’une réédition), en dépit de la disparition progressive des autres collections populaires. Et ici, au moins, sans trop déflorer, on n’a pas affaire à un héros attribué massacrant à tout va sans états d’âme, puisque du côté du BIEN. Le tout se dévore comme… eh bien, comme un polar, avec ce petit supplément d’âme qui rend un texte attachant. En revanche, on ne peut dire que Marseille soit omniprésente, comme le prétend la quatrième de couverture. Il s’agit avant tout d’un décor, sans digressions inutiles. Bien campé, mais décor tout de même…